Notre-Dame-des-Landes: Ils demandent l'inscription de la ZAD au patrimoine mondial de l'Unesco

ENVIRONNEMENT Des habitants de la ZAD ont envoyé une demande pour obtenir le classement du bocage et de ses cabanes…

20 Minutes avec AFP

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Des gendarmes mobiles au milieu du bocage de Notre-Dame-des-Landes.
Des gendarmes mobiles au milieu du bocage de Notre-Dame-des-Landes. — L.Venance/AFP

Non, ce n’est pas une blague. Face aux expulsions relancées cette semaine par la gendarmerie, des habitants et sympathisants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ont adressé une demande d’inscription de cette partie du bocage nantais au patrimoine mondial de l’humanité classé par l’Unesco, ont-ils annoncé vendredi. Comme la baie du mont Saint-Michel, le vignoble de Champagne ou le pont du Gard, pour ne prendre que des exemples français.

Réunis dans un comité de soutien « Défendre et habiter la ZAD », une douzaine de militants ont envoyé leur demande d’inscription au ministère de la Culture vendredi matin.

« Force poétique des nombreuses cabanes dans les arbres »

« Nous demandons à l’Etat français l’inscription de la ZAD sur la liste » des biens à inscrire au patrimoine de l’Unesco, a déclaré Geneviève Coiffard, militante d’Attac. « Ça peut faire rire mais ça interpelle aussi », a-t-elle ajouté. « On ne veut pas que la ZAD devienne le futur Disneyland », a cependant mis en garde Adrien, sociologue et urbaniste.

Cette démarche est née après l’appel d’architectes et urbanistes intitulé « Comme à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, défendons d’autres manières d’habiter », qui a réuni près de 60.000 signatures sur internet.

Les pelleteuses démolissent les cabanes de la Chat-Teigne sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Les pelleteuses démolissent les cabanes de la Chat-Teigne sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. - F.Tanneau/AFP

Les auteurs y soulignaient « la force poétique des nombreuses cabanes dans les arbres », l'« inventivité architecturale, manuelle, bricoleuse et créative » de la ZAD, « un espace de passage, d’échange, un lieu qui fait école ».

Une « volonté d’effacer les traces »

« Quand il y a une destruction massive, le sujet est de se poser la question de ce qu’on détruit », a pointé Tibo, architecte et habitant de la ZAD. « Actuellement, il y a une volonté d’effacer les traces d’une lutte populaire victorieuse », a-t-il estimé.

Une dizaine de « squats » ou lieux de vie ont été détruits ou évacués depuis jeudi au cours d’une vaste opération de gendarmerie. En avril, 29 avaient déjà été détruits sur 97 recensés au total.