Un appel de personnalités à renforcer la «fraternité», valeur «orpheline»

HARMONIE « Si la liberté et l’égalité sont garanties par des droits et protégées par la justice, la fraternité est trop souvent orpheline de lois », écrivent les signataires de l'appel…

20 Minutes avec AFP

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Marianne, symbole de la République
Marianne, symbole de la République — JAUBERT/SIPA

Cent personnalités ont lancé ce mercredi un appel « pour une fraternité nationale et universelle », déplorant que cette valeur à la fois républicaine et spirituelle soit « orpheline de lois, de mesures, d’incitations ou de garanties assurant sa mise en œuvre dans la société française ».

Cette tribune, publiée par le collectif « Labo de la fraternité », est signée notamment par le philosophe musulman Abdennour Bidar, Latifa Ibn Ziaten, mère de la première victime du jihadiste Mohammed Merah en 2012 à Toulouse, le président de l’Observatoire de la laïcité Jean-Louis Bianco ou encore Samuel Grzybowski, cofondateur de l’association de dialogue entre les convictions Coexister.

Les Français « peuvent faire preuve de méfiance à l’égard d’autrui »

Sa sortie coïncide avec la première édition, ce mercredi, de la « Journée internationale du vivre-ensemble en paix », proclamée par l’assemblée générale des Nations Unies sur une proposition du guide spirituel de la confrérie soufie Alawiyya, le cheikh algérien Khaled Bentounès, également signataire de cet appel.

Le manifeste s’appuie sur les résultats d’un « premier baromètre de la fraternité », pour lequel l’institut de sondages OpinionWay a calculé un « indice de la fraternité » qui « atteint tout juste la moyenne » (52 sur 100) en France, relève Coexister.

Les Français « peuvent faire preuve de méfiance à l’égard d’autrui, estimant à 64 % qu’on n’est jamais assez prudent quand on a affaire aux autres (contre moins de 30 % en Scandinavie) », déplorent les signataires de l’appel sur la base de l’étude.

La fraternité harmonise

« La liberté permet, l’égalité protège, la fraternité harmonise », écrivent-ils. Mais « si la liberté et l’égalité sont garanties par des droits et protégées par la justice, la fraternité est trop souvent orpheline de lois, de mesures, d’incitations ou de garanties assurant sa mise en œuvre dans la société française ».

Pour changer la donne, l’appel propose « cinq mesures concrètes », dont l’instauration d’une « journée nationale de la fraternité » chaque 16 mai, le renforcement du service civique et le choix de cette valeur républicaine comme « critère d’évaluation des politiques publiques ».

*L’étude OpinionWay pour le Labo de la fraternité, créé par cinq organisations après les attentats meurtriers de 2015, a été réalisée les 18 et 19 avril 2018 auprès d’un échantillon de 1.024 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,5 à 3 points.

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