VIDEO. Mort de Naomi Musenga: «Par vous, Naomi continue son œuvre», clame sa mère à la marche blanche à Strasbourg

HOMMAGE Ce mercredi, en fin d'après-midi, une marche blanche pacifique a rassemblé à Strasbourg plusieurs centaines de personnes en mémoire de Naomi Musenga, et en présence de plusieurs membres de sa famille...

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Marche blanche pour Naomi Musenga — G. Varela / 20 Minutes
  • La Strasbourgeoise Naomi Musenga, 22 ans, est décédée quelques heures après que le Samu n’a pas pris en compte l’urgence de son appel.
  • Alors que des enquêtes administrative et judiciaire sont ouvertes, une marche blanche en mémoire de la jeune femme a été organisée mercredi après-midi à Strasbourg.
  • En parallèle, deux autres marches étaient également prévues à la même heure à Valence (Drôme) et Paris.

Réunis, marchant en silence, pour rendre hommage à Naomi Musenga. Mercredi après-midi, plusieurs centaines de personnes ont participé à la marche blanche pacifique, organisée par le collectif « Justice pour Naomi Musenga » à Strasbourg en mémoire de la jeune femme, 22 ans, décédée quelques heures après que son appel au Samu du Bas-Rhin n’ait pas été pris au sérieux, voire moquée, par une opératrice.

Parmi la foule, amassée d’abord sur la place Kléber avant de prendre la direction de la place de la Bourse, il y a des jeunes et des moins jeunes, des amis de la jeune femme portant des tee-shirt à son effigie, quelques élus ou encore des parents venus avec leurs enfants pour témoigner de leur soutien aux proches de la jeune femme.

Ils demandent « justice pour Naomi »

Abel est là, avec une pancarte portant l’inscription « Justice pour Naomi » : « Je suis venu lui rendre hommage et présenter mes sincères condoléances à sa famille. Il ne faut pas que ça se reproduise, parce que ça aurait pu arriver à n’importe qui d’entre nous ».

Gladys « tenait absolument à être présente » à la marche blanche. « Cette histoire m’a touchée, ça m’a donné la chair de poule, raconte celle qui était accompagnée de ses deux jeunes filles. J’ai déjà fait appel au Samu et ça s’était bien passé. Mais on se rend compte qu’il y a quand même des choses qui se passent… C’est scandaleux de laisser quelqu’un comme ça et d’employer ce ton ! Ce n’est pas normal. »

« Naomi n'est pas un numéro mais une personne »

La famille de Naomi Musenga, qui a depuis déposé plainte pour « non-assistance à personne en danger » et « mise en danger de la vie d’autrui », « contre X et contre les hôpitaux universitaires de Strasbourg », était également présente lors de cette marche blanche. Au fil d'un long défilé silencieux, une minute de silence a notamment été organisée, avant que quelques phrases («Justice pour Naomi» ou «La vérité pour la famille») ne soient scandées à de multiples reprises sur la fin.

Plus tôt encore, les parents, l’oncle et le frère de la jeune femme, notamment, ont pris la parole quelques minutes avant le départ de la marche blanche. Lors de sa prise de parole, la mère de Naomi Musenga a été plusieurs fois applaudie par la foule : « Peut-être que Naomi n’a plus de voix pour continuer à parler, mais par vous, nous avons parlé. Et par vous, Naomi continue son œuvre. On ne veut pas cribler l’appareil médical, mais on veut que cet appareil ne soit pas faussé où s’introduisent des gens qui n’ont rien à faire dedans ». Avant de souligner qu’il « n’y a pas d’ambiguïté dans notre recherche de justice. L’affaire de Naomi n’éclabousse personne mais elle vient nous remettre sur les rails. »

Naomi n’est pas un numéro qu’on peut compter dans une salle de morgue. Mais une personne, qu’on pouvait compter comme nous aujourd’hui. »

Regroupés dans un collectif, les organisateurs avaient précisé par l’intermédiaire d’un événement Facebook vouloir rendre « un hommage digne à la mémoire de Naomi pour soutenir sa famille », et aussi défiler « pour que justice soit faite, et que plus jamais cela ne se reproduise » plus de quatre mois après la mort de la jeune fille le 29 décembre.

En parallèle, deux autres marches blanches indépendantes se sont tenues à Paris et à Valence. Le frère de Naomi Musenga a par ailleurs annoncé l’organisation d’autres marches prochainement à Nantes mais aussi à Londres, en Italie, au Brésil et au Congo.

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