Parcoursup: Quelles sont les filières les plus demandées par les jeunes cette année?

ETUDES Les lycéens de terminale et les étudiants en réorientation découvriront à partir de mardi les résultats à leurs vœux…

Delphine Bancaud

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La plateforme Parcoursup en 2018.
La plateforme Parcoursup en 2018. — Lionel BONAVENTURE / AFP
  • Les formations sélectives sont plébiscitées cette année ; elles rassurent les parents car les étudiants y sont plus cadrés qu’au sein d’une licence généraliste et offrent des débouchés plus évidents.
  • Les BTS et les DUT voient notamment le nombre de candidature bondir cette année, car ces formations concrètes et courtes séduisent les jeunes.
  • Surprise : les vœux d’orientation en licence de droit baissent cette année. Notamment parce que les étudiants la choisissent moins par défaut.

Les jeux sont faits. 810.957 jeunes, lycéens de terminale et étudiants en réorientation ont fait leurs choix de vœux de filières sur la plateforme Parcoursup, dont les premiers résultats tomberont le 22 mai. 20 Minutes a analysé les grandes tendances qui se dégagent.

Combien de vœux ont-ils exprimé chacun ?

Avec la nouvelle plateforme Parcoursup, le nombre de vœux qu’il était possible d’exprimer était plus limité que sur APB, soit 10 au maximum. Mais les jeunes en ont inscrit 7,7 en moyenne, indique le ministère de l’Enseignement supérieur. « Ce n’est pas très étonnant car sur APB ils en avaient formulé 8 en moyenne, alors que le plafond était fixé à 24 vœux.

«Ce nombre de vœux finalement assez réduit montre que les jeunes ont une idée assez précise sur les filières qui les intéressent et ne s’éparpillent pas », analyse Camille Fromaget, cofondateur de Study Advisor, une plateforme collaborative consacrée à l’orientation post-bac. « Cela s’explique aussi parce que Parcoursup permet de faire des vœux groupés et ainsi de candidater en même temps pour plusieurs cursus similaires et donc d’augmenter ses possibilités d’admission », explique Sophie Laborde-Balen, fondatrice de Tonavenir.net et conseillère en orientation.

Pourquoi les filières sélectives sont-elles plébiscitées ?

Les filières sélectives (classes prépa, BTS, DUT, doubles licences…) représentent 68 % des 6,3 millions de vœux exprimés. Les 32 % restants se sont portés sur des licences générales. Cela s’explique par plusieurs raisons. Tout d’abord, contrairement à l’an dernier, les jeunes n’avaient plus l’obligation d’inscrire parmi leurs vœux une licence générale offrant plus de places que le nombre de candidats attendus (les fameuses « pastilles vertes »).

Par ailleurs, « les formations sélectives rassurent les parents car les étudiants y sont plus cadrés qu’au sein d’une licence généraliste », souligne Clotilde Du Mesnil, coach en orientation et fondatrice de CoWin Coaching. « D’autant que certains parents se souviennent de ce qui s’est passé l’an dernier avec les naufragés d’ APB. Ils pensent qu’en postulant en filière sélective, leurs enfants auront une place dans une formation qui leur plaît », estime Sophie Laborde-Balen. Enfin selon Camille Fromaget, « les jeunes sont aussi plus attentifs aux débouchés qu’offrent les filières. Or, faire une licence généraliste, c’est faire un pari sur l’avenir car on a du mal à anticiper si on pourra s’inscrire en master ensuite », estime-t-il.

Les filières traditionnellement en tension le sont-elles toujours ?

Le ministère de l’Enseignement supérieur a affecté 13 millions d’euros supplémentaires pour la création de 19.000 places universitaires dans les filières les plus demandées. Quelque 3.000 autres places devraient être créées, en fonction des besoins. L’avenir dira si cela suffira. Car les demandes d’inscriptions en première année commune aux études de santé (Paces) et psychologie ont progressé de 2 % cette année.

Le nombre de candidats en droit a en revanche reculé de 18 %. Le droit était sans doute la filière universitaire que les candidats choisissaient lorsqu’on leur demandait d’en choisir au moins une, expliquait la ministre, Frédérique Vidal mi-avril. Un avis partagé par Camille Fromaget : « Le droit a longtemps été un vœu refuge pour les lycéens qui ne savaient pas trop quoi faire. Mais les choses sont en train de changer et certains comprennent que c’est une discipline ardue et que l’on ne peut pas s’y engager sans un projet précis ».

La filière Staps (métiers du sport) accuse aussi une diminution de la demande (-9 %). Une baisse qui s’explique par le système de voeux groupés, mais pas seulement, comme le souligne Clotilde Du Mesnil : « Le fait que l’on parle beaucoup cette année du contenu de la formation, qui comprend plusieurs matières scientifiques, a sans doute dissuadé certains jeunes d’y postuler », indique-t-elle. « Par ailleurs, les filières droit et Staps étaient tellement en tension l’an dernier, que certains parents ont dû déconseiller à leurs enfants d’y aller », complète Sophie Laborde-Balen.

Pourquoi les BTS et les DUT font-ils un tel carton ?

Les candidatures ont progressé de 15,5 % pour les BTS et de 26 % pour les DUT par rapport à 2017. Concernant les DUT, cette augmentation est particulièrement marquée pour les lycéens de terminale technologique (+35,9 %), mais elle est également forte pour les élèves de terminale générale (+30,4 %). Pour les BTS l’augmentation des vœux est significative pour les lycéens professionnels (+26 %) et pour les lycéens de filière générale (+37 %). Un succès qu’explique très bien Clotilde Du Mesnil : « Ce sont des formations assez concrètes et courtes qui séduisent les jeunes qui en ont ras le bol des apprentissages trop théoriques ».

« Les fait que le gouvernement recommande aux BTS de prendre en priorité les bacheliers professionnels et aux DUT de privilégier les candidatures des bacheliers technologiques explique aussi pourquoi ces derniers tentent davantage leur chance dans ces formations cette année », souligne Sophie Laborde-Balen. Camille Fromaget est du même avis : « Les lycéens ont de plus en plus conscience des poursuites d’études possibles après un BTS ou un DUT (école de commerce ou d’ingénieurs, licence professionnelle…) ».

Comment expliquer la forte demande de formations en apprentissage ?

Elle est en croissance de 44 % par rapport à 2017. « Aujourd’hui, un étudiant sur deux travaille parallèlement à ses études et le nombre de demandes de bourse est en constante augmentation. Ce n’est donc pas étonnant que les lycéens aillent vers une formation en alternance via laquelle ils seront rémunérés », estime Camille Fromaget.

Sophie Laborde-Balen donne aussi une autre explication : « Sur Parcoursup il est possible de formuler jusqu’à dix vœux en apprentissage, en plus des dix vœux autorisés pour des formations sous statut d’étudiant. Donc beaucoup de lycéens ont saisi cette occasion pour optimiser leurs chances d’être pris, par exemple en BTS ou en DUT », constate-t-elle.