Lyon: Après l'annulation des partiels, de nombreux étudiants de l'université Lumière craignent d'être «dévalorisés»

UNIVERSITE Suite à des mouvements de blocage, la présidence de l’université a décidé, lundi, d’annuler les devoirs sur table prévus jusqu’au 29 mai…

Elisa Frisullo
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A Lyon, le 12 avril 2018. Les étudiants de Lyon-2, réunis ce jeudi en AG, ont voté le blocage illimité des deux campus.
A Lyon, le 12 avril 2018. Les étudiants de Lyon-2, réunis ce jeudi en AG, ont voté le blocage illimité des deux campus. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Après le blocage des campus de Lyon-II, qui ont empêché la tenue des examens, la présidente de l’université a décidé d’annuler les partiels de cette fin d’année.
  • Une décision vivement condamnée par certains étudiants et associations étudiantes, l’Uni en tête.

Si l’annulation des partiels annoncée lundi soir par la présidence de Lyon-II est venue conforter les étudiants les plus mobilisés contre la loi ORE, cette mesure n’a toutefois pas manqué de susciter la colère de nombreux autres jeunes. Dès lundi soir, plusieurs étudiants de l’université Lumière ont dénoncé sur les réseaux sociaux la décision prise par l’établissement après les mouvements de protestation observés sur les campus de Bron-Parilly et des quais du Rhône.

Lundi matin, quelque 300 étudiants (sur 28.000) avaient bloqué les deux sites universitaires et ainsi empêché la tenue des examens sur table prévus ce jour-là. Sur le campus des quais, les forces de l’ordre étaient intervenues pour faire évacuer les bloqueurs. En fin de journée, Nathalie Dompnier, la présidente de Lyon-II, annonçait l’annulation des partiels programmés jusqu’au 29 mai et leur remplacement par des « modalités de contrôle des connaissances alternatifs », reposant sur les devoirs à la maison et le contrôle continu.

« Les grévistes pensent que le gouvernement ignore le droit à l’éducation pour tous, pourtant ils ignorent également le droit des étudiants qui veulent suivre leurs cours et passer leurs partiels en faisant le blocage », réagissait lundi soir une étudiante de Lyon-II sur la page Facebok Université Lyon-II en lutte. « En voulant sauver la fac, les bloqueurs l’assassinent », s’indignait encore Lou sur Twitter.

L’Uni réclame la démission de la présidente

« La décision prise par la présidence est inacceptable, a confié ce mardi à 20 Minutes Thibaud Hubert, responsable de l’Uni Lyon. Comment envisager des devoirs à la maison ou du contrôle continu sachant que cela fait des semaines qu’il n’y a plus cours à Lyon-II ? », s’agace le jeune homme, demandant au nom de son association étudiante classée à droite la « démission de la présidente de Lyon-II ».

« En justifiant automatiquement les absences des bloqueurs, en mettant à leur disposition des amphis pour organiser la lutte, elle a contribué à la propagation de ce mouvement. Ce laisser-faire permanent a conduit à une escalade des violences », ajoute le responsable étudiant, inquiet des conséquences de l’annulation des examens pour les étudiants. « Lors des sélections pour l’entrée en master 1, les autres universités vont très vite faire le tri entre Lyon-II et les autres universités, entre ceux qui auront validé leur année normalement et ceux qui n’auront pas passé leurs examens », poursuit-il.

« Ce qui est en jeu c’est la valeur des diplômes à Lyon-II »

Un point de vue partagé par la responsable du mouvement étudiant Gaelis. « Ce qui est en jeu, c’est la valeur du diplôme. Nous sommes attachés au droit de grève. Mais celui-ci ne doit pas entacher la liberté des milliers d’étudiants devant passer leurs examens », estime l’association. « le risque, c’est que les étudiants soient dévalorisés ou dénigrés », ajoute Mirina Mammeri, vice-présidente de Gaelis, en charge des affaires académiques.

Pour éviter un tel scénario, l’association souhaite voir émerger d’autres alternatives que les devoirs à la maison ou le contrôle continu. « Ce sont des solutions, car une bonne partie du programme du semestre a été entamée, mais il faut aller plus loin. Les étudiants qui le souhaitent doivent pouvoir passer dans les prochains jours leurs examens dans des espaces, hors de la fac, préservés des blocages d’une minorité d’étudiants violente et radicalisée », ajoute la jeune fille.

Une rencontre entre la présidence de Lyon-II et Gaelis était prévue ce mardi après-midi sur ce sujet.

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