VIDEO. Attaque au couteau à Paris: Ce que l’on sait

PARIS Un homme armé d'un couteau a attaqué des passants, faisant un mort et quatre blessés samedi soir...

M.C. avec AFP

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La police a établi un périmètre de sécurité après l'attaque au couteau à Paris dans le quartier de l'Opéra, le 12 mai 2018.
La police a établi un périmètre de sécurité après l'attaque au couteau à Paris dans le quartier de l'Opéra, le 12 mai 2018. — Thibault Camus/AP/SIPA
  • Un individu armé d’un couteau a tué une personne et en a blessé quatre autres samedi soir à Paris.
  • L’assaillant, un Français né en Tchéchénie, a crié « Allah Akbar » puis a été abattu par les policiers.
  • La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie.

L'horreur en plein centre de la capitale. Un passant a été tué et quatre personnes ont été blessées, samedi soir, à Paris, par un homme armé d’un couteau. Selon des témoins, l'assaillant a crié « Allahou Akbar » puis a été abattu par des policiers quelques minutes plus tard. 20 Minutes fait ce dimanche matin le point sur l'attaque.

Que s’est-il passé ?

L’agression a eu lieu peu avant 21h rue Monsigny, dans le IIe arrondissement, en plein cœur de Paris, près de l’Opéra, un quartier touristique de bars, restaurants et théâtres très fréquenté le samedi soir. Un homme armé d’un couteau a attaqué cinq personnes.

« J’étais en train de préparer les commandes et j’ai vu une jeune femme essayer de rentrer dans le restaurant en panique », blessée et en sang, « tout de suite derrière, l’agresseur est arrivé », a raconté à l’AFP Jonathan, serveur dans un restaurant coréen du quartier.

« Un jeune homme a essayé de repousser l’agresseur » puis « il a relevé » la jeune femme blessée, qui se trouvait à terre, et « ils ont couru dans l’autre sens », a-t-il poursuivi. « L’agresseur est entré dans une rue commerçante, je le voyais avec un couteau dans la main, il frappait sur les commerces », détaille Jonathan, ajoutant : « Il avait l’air fou ».

Une personne a été tuée et quatre blessées samedi 12 mai 2018 dans le centre de Paris par un homme armé d'un couteau.
Une personne a été tuée et quatre blessées samedi 12 mai 2018 dans le centre de Paris par un homme armé d'un couteau. - Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Selon deux témoins, cet homme a crié « Allahou Akbar » au moment de l’attaque. Des policiers intervenus sur les lieux auraient eux-mêmes été menacés par l’agresseur. « Quand trois fonctionnaires vont vers lui pour tenter de l’immobiliser, il va vers eux et brandit son couteau », décrit une source proche de l’enquête. L’un des agents a fait usage de son pistolet à impulsions électriques avant que l’un de ses collègues ne tire à deux reprises et blesse mortellement l’assaillant.

Quel est le bilan ?

Selon des sources proches du dossier, un homme âgé de 29 ans, un passant dont ni l’identité ni la nationalité n’ont été communiquées, a été tué.

Deux autres personnes ont été grièvement blessées : un homme de 34 ans transporté en « urgence absolue » à l’hôpital parisien Georges-Pompidou et une femme de 54 ans. Une femme de 26 ans et un homme de 31 ans ont été blessés légèrement. L’homme de 34 ans grièvement blessé « a été opéré » et « est sauvé », a déclaré le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui s’est rendu à son chevet à l’hôpital, dimanche vers 2H00 du matin. Les trois autres blessés sont « hors de danger ».

« Dans les cinq minutes » suivant l’appel à police-secours, les policiers étaient sur place et « moins de neuf minutes » après, l’auteur de l’attaque était abattu, a relaté Edouard Philippe. « Cette rapidité dans la réaction a de toute évidence évité un bilan plus lourd », a estimé le chef du gouvernement.

Que sait-on de l’assaillant ?

L'assaillant ne portant pas de papiers sur lui, il a fallu plusieurs heures aux enquêteurs pour déterminer son identité. Il s'agit d'« un Français né en Tchétchénie en 1997. Son père et sa mère ont été placés en garde à vue dimanche matin», a déclaré une source judiciaire. Il était fiché S (pour « sûreté de l'Etat »).

Un Français né en Tchétchénie a crié
Un Français né en Tchétchénie a crié - Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

«Il n'avait pas d'antécédent judiciaire», a-t-elle ajouté. Selon une source proche du dossier, il avait des cheveux bruns, la barbe non taillée et était habillé d'un pantalon de jogging noir. 

S’agit-il d’une attaque terroriste ?

Via son «agence de presse» Amaq, le groupe EI a revendiqué l'action d'un «soldat de l'Etat islamique» dont l'«opération a été menée en représailles envers les Etats de la coalition» internationale antijihadiste en Irak et en Syrie. Avant même la diffusion de cette revendication, le parquet de Paris avait retenu la piste antiterroriste dans ce dossier.

« A ce stade et sur la foi d'une part de témoignages faisant état du fait que l'agresseur a crié "Allah Akbar" en attaquant les passants au couteau » et « compte tenu du mode opératoire, nous avons saisi la section antiterroriste du parquet de Paris », a déclaré le procureur de la République François Molins dans la nuit.

L'enquête est menée conjointement par trois services de police sous les qualifications d'« association de malfaiteurs terroristes pour préparer la commission de crimes d'atteintes aux personnes », « assassinat » et « tentatives d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste ».

245 personnes ont été tuées dans des attentats en France depuis 2015

Cette attaque intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste. La dernière attaque meurtrière, le 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (Aude), avait porté à 245 le nombre de victimes tuées dans les attentats sur le sol français depuis 2015. Des attaques ont déjà été menées au couteau, notamment à Marseille en octobre 2017.

Particulièrement visée, la France fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et Irak contre le groupe djihadiste Daesh. Mi-avril, Paris a mené des frappes contre des sites de production d’armes chimiques du régime de Bachar al-Assad, lors d’une opération conjointe avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Les réactions

Emmanuel Macron a salué, « au nom de tous les Français, le courage des policiers qui ont neutralisé le terroriste » avant d’assurer que « la France paye une nouvelle fois le prix du sang mais ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté ».

Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a lui aussi salué « le sang-froid et la réactivité des forces de police qui ont neutralisé l’assaillant ». « Mes premières pensées vont aux victimes de cet acte odieux », a-t-il lancé.

« Pensées pour les victimes de l’attaque qui a frappé le cœur de Paris ce soir », a réagi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dans un tweet.

« Ce soir, notre ville a été meurtrie », a dit la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui s’est rendue sur place.

Olivier Faure, premier secrétaire du PS : « Pensées émues pour les proches et les familles. Hommage au sang-froid des forces de l’ordre. L’horreur frappe une nouvelle fois la France, une nouvelle fois la République sera plus forte que la douleur. »

Manuel Valls, député LREM et ex-Premier ministre : « Agression terrible dans le quartier de l’Opéra à Paris. Solidarité totale avec les victimes et leurs proches. Soutien aux forces de l’ordre dont je salue une nouvelle fois la réactivité, le sang-froid et le professionnalisme. Ne pas baisser la garde ! »

Marine Le Pen, présidente du FN : « Le peuple français ne se contentera plus de commentaires. Ce sont des actes qui sont attendus », a asséné la présidente du FN, Marine Le Pen, désignant un acte commis par « un assaillant islamiste ».