Bretagne: Pas de cours, pas de profs... Et si les écoles démocratiques allaient faire aimer l’école à vos enfants?

EDUCATION L’école Noèsis, qui accueille des enfants de 4 à 20 ans, ouvre ses portes lundi à Guignen au sud de Rennes...  

Jérôme Gicquel

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Les quatre porteurs du projets ont mis deux ans à monter l'école Noèsis à Guignen, au sud de Rennes.
Les quatre porteurs du projets ont mis deux ans à monter l'école Noèsis à Guignen, au sud de Rennes. — Coralie Salaün
  • L’école démocratique Noèsis ouvre ses portes lundi à Guignen au sud de Rennes.
  • Dans cette école privée hors contrat, les enfants ne suivent pas de cours et n’ont pas de professeurs.
  • L’équipe encadrante défend la liberté de l’enfant, son autonomie et son sens des responsabilités.

Les vacances terminées, l’heure de la reprise va sonner lundi pour les élèves bretons. A Guignen, au sud de Rennes, cinq enfants feront eux leur rentrée dans une école d’un nouveau genre. A Noèsis, pas de cours, pas de professeurs ni même de programme à suivre ou d’emploi du temps.

Bienvenue dans l’univers des écoles démocratiques, une pédagogie inspirée de l’école américaine de la Sudbury Valley qui se développe avec des projets d’ouvertures d’écoles un peu partout en France. « Ici, l’enfant est libre de faire ce qu’il veut et à son rythme. On ne lui impose aucune activité. Tout est basé sur l’autonomie de l’enfant, la confiance en soi et la prise de responsabilité », souligne Satya Esquenazi, l’une des porteuses du projet.

Adultes et enfants votent les règles de fonctionnement

Des valeurs partagées avec d’autres écoles privées hors contrat comme Montessori, à une différence près. « Il n’y a pas d’intention pédagogique dans les écoles démocratiques. Ce qui n’empêche pas l’enfant d’apprendre plein de choses sans obligation de résultats », poursuit Rozenn Harel, autre porteuse du projet. « Pourquoi un enfant devrait d’ailleurs apprendre la lecture pendant une année à 6 ans ? Pourquoi les règles sont-elles aussi rigides en terme d’apprentissage ? », s’interroge cette maman, souhaitant une autre éducation pour sa fille.

« Cela se passait très bien pour elle à l’école. Mais il y a trop d’attentes et d’exigences dans le système scolaire actuel. L’enfant n’est plus au cœur de son projet scolaire », assure-t-elle. Car dans les écoles démocratiques, l’élève a son mot à dire. Si des adultes sont là pour les encadrer, les enfants prennent part aux décisions concernant le fonctionnement de l’école ou les règles à respecter à travers des conseils d’école ou de justice. « Et la voix d’un enfant compte comme celle d’un adulte. Il n’y a aucune hiérarchie entre nous », souligne Bérénice Latapie, également de l’aventure.

Une autre manière d’apprendre

Si le projet a tout de l’école rêvée pour les enfants, il ne manque pas de poser quelques questions chez certains parents, notamment quant à l’apprentissage de la lecture ou de l’écriture. « Cela viendra naturellement, quand l’enfant en aura besoin. C’est pareil que pour marcher, personne ne sait comment l’enfant a appris », explique Satya Esquenazi.

Installée dans une maison en pierre sur le site de la ferme équestre La ruée vers l’air, l’école accueillera lundi ses premiers élèves, cinq enfants âgés de 4 à 10 ans. Mais le personnel de Noèsis compte vite attirer de nouveaux élèves avec la possibilité d’en accueillir une quarantaine dans ses locaux.

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