Mort de Naomi Musenga: La famille de la jeune femme réclame que «justice soit faite»

AFFAIRE NAOMI Les parents de la jeune femme se sont exprimés ce jeudi après-midi devant la presse...

Jérôme Gicquel

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La famille de Naomi Musenga,le 10/05/2018. / AFP PHOTO / FREDERICK FLORIN
La famille de Naomi Musenga,le 10/05/2018. / AFP PHOTO / FREDERICK FLORIN — AFP

Un drame et encore beaucoup de questions. Les parents de Naomi Musenga cherchent toujours à comprendre pourquoi leur fille de 22 ans est décédée fin décembre à l’hôpital de Strasbourg après un appel pris à la légère par le Samu.

S’exprimant lors d’une conférence de presse ce jeudi en fin d’après-midi, ils ont demandé que « justice soit faite » pour leur fille « aimée de tous ». « Qu’est ce qui a tué ma fille ? Pourquoi son appel n’a pas eu de réponse alors qu’elle manifestait de vives douleurs au téléphone ? Pourquoi l’autopsie n’a pas été faite à temps et a-t-on laissé son corps en putréfaction ? », a déclaré Polycarpe Musenga, père de Naomi.

 

« On veut savoir pourquoi elle est morte alors qu’elle était en bonne santé. On demande tout ça pour que cela ne se répète pas », a indiqué un peu plus tôt Fatouma, la tante de la jeune femme, sur l’antenne de BFMTV.

« On s’est moqué de nous comme on s’est moqué de ma fille »

Refusant d’ériger l’opératrice du Samu qui avait pris l’appel de leur fille en bouc émissaire, les parents de Naomi ont critiqué l’attitude des autorités de santé qui les ont « laissés dans la débrouille totale » après la mort de leur fille. « On s’est moqué de nous comme on s’est moqué de ma fille, c’est un manque d’humanité total », a dénoncé son père lors de la conférence de presse. « Ils nous ont laissés seuls, nous n’avons eu aucun accompagnement ni aucun suivi », a ajouté Louange, la sœur de Naomi.

La douleur toujours présente, la famille de Naomi s’interroge également sur « la chaîne des responsabilités » qui a conduit à ce drame. Leur avocat déposera vendredi une plainte pour « non-assistance à personne en danger » et « mise en danger de la vie d’autrui » contre X et contre les hôpitaux universitaires de Strasbourg.

Une marche blanche prévue mercredi

Le parquet de Strasbourg a également ouvert mercredi une enquête préliminaire pour « non-assistance à personne en péril », confiée à la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) Grand Est. En attendant l’issue de l’enquête, l’opératrice du Samu concernée a été suspendue « à titre conservatoire ».

Un collectif baptisé « Justice pour Naomi Musenga » a par ailleurs appelé sur Facebook à une marche blanche en la mémoire de la jeune femme le mercredi 16 mai à 17h30 à Strasbourg.

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