VIDEO. Mort de Naomi après un appel au SAMU: Sa mère se dit «choquée» et questionne l'efficacité du service

URGENCE Naomi, 22 ans, avait appelé le SAMU pour des douleurs importantes mais n’a été prise en charge que quelques heures plus tard, avant de mourir en réanimation…

L.Br.

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Un véhicule du samu (illustration).
Un véhicule du samu (illustration). — MICHEL GILE/SIPA

En décembre dernier, Naomi a perdu la vie quelques heures après un appel passé au SAMU, qui n’a pas été pris en compte par l’opératrice du service d’urgence. Sa mère raconte à  France Bleu Alsace le choc qu’elle a ressenti à l’écoute de l’enregistrement de la conversation, largement diffusé dans les médias.

« J’étais effondrée, abasourdie, choquée », explique Bablyne Musenga, la mère de Naomi, 22 ans, après la diffusion du dernier appel de sa fille, morte en décembre dernier. La famille de la jeune femme, qui a écrit au procureur de la République de Strasbourg, a obtenu auprès des Hôpitaux l’enregistrement de cet appel. Un choc aussi pour sa sœur Louange Musenga. « Quelqu’un a écouté cet enregistrement, on voit que c’est grave, comment on peut envoyer cela à la famille de la personne et en plus de cela ne pas le traiter correctement ? », demande-t-elle.

La mère de Naomi, aide-soignante, questionne également l’efficacité du SAMU. « Est-ce que le SAMU est toujours à sa place ou est-ce que c’est SOS médecins qui devient le SAMU ou encore les pompiers ? », interroge-t-elle. « Si elle avait été prise en charge pendant les 10 minutes où elle parlait [avec le SAMU au téléphone], peut-être [que] Naomi serait toujours en vie », renchérit Bablyne Musenga.

Victime d’un infarctus quelques heures plus tard

Les Hôpitaux de Strasbourg ont ouvert une enquête administrative le jeudi 3 mai, après la mort de la jeune femme de 22 ans en décembre dernier. La ministre de la Santé Agnès Buzyn s’est déclarée « profondément indignée » et a dénoncé de « graves dysfonctionnements ».

Les faits remontent au 27 décembre. Souffrant de fortes douleurs au ventre, la jeune femme était seule quand elle avait composé le « 15 » pour appeler à l’aide. Elle avait obtenu pour unique réponse de l’opératrice des pompiers, qui prenant en charge son appel avec dédain, lui avait recommandé d’appeler SOS Médecins.

Au bout de cinq heures, elle était parvenue à joindre les urgences médicales qui avaient finalement déclenché l’intervention du SAMU. Emmenée à l’hôpital, elle était victime d’un infarctus puis transférée en réanimation avant de décéder quelques heures plus tard.