Tariq Ramadan reconnaît avoir eu une «relation» avec une de ses accusatrices qui a livré aux enquêteurs une robe tachée de sperme.
Tariq Ramadan reconnaît avoir eu une «relation» avec une de ses accusatrices qui a livré aux enquêteurs une robe tachée de sperme. — MEHDI FEDOUACH / AFP

JUSTICE

Tariq Ramadan: Rejet de sa première demande de mise en liberté

Son avocat dénonce « les mensonges des accusatrices » et des incohérences dans leurs récits...

Tariq Ramadan, accusé de viols par trois femmes en France et incarcéré depuis trois mois, a vu sa première demande de mise en liberté rejetée vendredi par la justice, a appris l’AFP lundi auprès de son avocat, confirmant une information du site Muslim Post.

« Nous avons été notifiés aujourd’hui et j’ai immédiatement interjeté appel », a annoncé à l’AFP Me Emmanuel Marsigny, dénonçant une décision « invraisemblable » du juge des libertés et de la détention (JLD). « Le parquet, le magistrat instructeur et le JLD refusent de prendre en compte les éléments à décharge », a réagi l’avocat de Tariq Ramadan, qui pointe « les mensonges des accusatrices » et des incohérences dans leurs récits.

 

La « théorie du complot n’est pas digne face à la vérité du dossier »

« Cette décision traduit le manque d’objectivité et d’impartialité de l’ensemble de la chaîne pénale - policiers et magistrats - impliquée dans cette affaire », a-t-il affirmé. « Je m’apprête d’ailleurs à demander le dessaisissement du service enquêteur ».

« On nous dit avec force gesticulations que nos clientes se contredisent et mentent, alors pourquoi les juges jugent-ils ainsi ? Sont-ils aussi manipulés ? Cette défense façon théorie du complot n’est pas digne face à la vérité du dossier », a répondu Me Eric Morain, avocat de la deuxième plaignante.

L’intellectuel musulman suisse de 55 ans, atteint d’une sclérose en plaques mais dont le traitement a été jugé compatible avec la détention, est incarcéré depuis sa mise en examen le 2 février à Paris pour viol et viol sur personne vulnérable. L’enquête a été déclenchée en octobre par les plaintes de deux femmes, rejointes en mars par une troisième. Une quatrième femme a déposé plainte pour viol à Genève.