«La langue française n’est pas morte»: Pourquoi la certification Bescherelle est «adaptée à la vie professionnelle»

POINT GRAMMAIRE Lancée en janvier avec la start-up lyonnaise Novascrib, la certification Bescherelle va au-delà d’un examen en orthographe…

Jérémy Laugier

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Cinq salariées de Waoup ont passé le 26 avril la certification dans leurs locaux à Lyon.
Cinq salariées de Waoup ont passé le 26 avril la certification dans leurs locaux à Lyon. — Jérémy Laugier/20 Minutes
  • L’application Mon coach Bescherelle a vu le jour il y a quatre mois et a déjà été téléchargée plus de 100.000 fois.
  • Elle permet de se préparer au mieux pour une certification Bescherelle, qui permet d’évaluer les compétences globales des candidats en français.
  • Ce projet initié dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, entre la start-up lyonnaise Novascrib et les chercheurs en sciences du langage à l’université de Grenoble, devrait vite être reconnu par l’Etat.

Dans l’imaginaire collectif, Bescherelle renvoie avant tout au million d’ouvrages de grammaire vendus chaque année et au site parodique Bescherelle ta mère. Mais depuis janvier, l’application Mon coach Bescherelle a également été lancée. « Au vu de la place de la digitalisation dans notre société aujourd’hui, on voulait présenter quelque chose sur ce créneau », explique Julia Rerolle, directrice marketing Hatier (l’éditeur de Bescherelle en France) en parascolaire et jeunesse.

Plus de 100.000 téléchargements sur AppleStore ont été comptabilisés en quatre mois pour cette appli permettant notamment de s’entraîner en vue d’une certification. Environ 450 personnes ont déjà passé cet examen, qui devrait obtenir dans les prochaines semaines la reconnaissance de l’Etat au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

« Cet examen permet d’évaluer la capacité à restituer un message »

« On peut constater que les compétences rédactionnelles des salariés sont vues comme un enjeu majeur pour 90 % des entreprises sondées, explique Julia Rerolle. Et avec ce certificat, il n’est pas seulement question d’être bon en orthographe. Pour convaincre un interlocuteur, il faut bien rédiger. » C’est pourquoi, davantage qu’avec le fameux certificat Voltaire, la syntaxe et la ponctuation sont notamment au programme de ce grand test durant en moyenne 2h30.

La start-up lyonnaise Novascrib s’est associée à Bescherelle pour ce projet innovant en éditant la certification avec un algorithme issu de chercheurs en sciences du langage à l’université de Grenoble. « Complet » et « adapté à la vie professionnelle », cet examen « permet d’évaluer la capacité à comprendre, restituer et prioriser un message », comme l’explique Mélanie Viénot, directrice générale de Novascrib.

« C’est étonnant d’être confronté à des règles remontant à l’école primaire »

Le 26 avril, cinq salariées de Waoup (conseil en innovation entrepreneuriale à Lyon) ont ainsi conclu l’épreuve en résumant, dans un texte de 200 mots, une bande-son sur la thématique « Internet et la vie privée ». Marion Toussaint (28 ans), qui travaille au service communication de Waoup, a comme ses collègues obtenu plus de 80 % à ce certificat Bescherelle, après s’être entraînée durant une semaine sur l’appli. « C’est étonnant d’être confronté à la concordance des temps ou à des règles remontant à l’école primaire », sourit-elle.

Elle confie qu’elle ajoutera rapidement une ligne sur son profil LinkedIn avec son nouveau statut d’experte Bescherelle. « Tout le monde considère que les jeunes ne savent pas écrire donc il est important de montrer que la langue française n’est pas morte », confie la jeune fille, consciente que « même une ponctuation mal gérée peut décrédibiliser un message ». Et si dans quelques années, un entretien d’embauche se jouait en partie sur son résultat au certificat Bescherelle ?