VIDEO. Paris: Des cheminots munis de fumigènes font irruption à Montparnasse, Gare de l'Est et Gare du Nord

SOCIAL Environ 200 manifestants opposés à la réforme de la SNCF ont tenté un coup de force ce lundi successivement à Montparnasse, Gare de l'Est et Gare du Nord…

20 Minutes avec AFP

— 

Illustration de la gare Montparnasse à Paris.
Illustration de la gare Montparnasse à Paris. — Francois Mori/AP/SIPA

Climat tendu ce lundi après-midi dans trois gares parisiennes. Alors que les cheminots opposés à la réforme de la SNCF entament ce lundi soir leur huitième épisode de grève, un groupe de syndicalistes a tenté un coup de force ce lundi successivement à  Montparnasse, Gare de l’Est et Gare du Nord.

Matraques et fumigènes à Montparnasse

Aux alentours de 13h30, quelque 200 manifestants du syndicat Sud-Rail ont fait irruption dans la gare de Montparnasse, munis de fumigènes allumés, créant un léger mouvement de panique.

D’abord pris de court, les CRS sont ensuite intervenus pour repousser, parfois violemment, en faisant usage de leurs matraques et de leurs boucliers, les manifestants sur le parvis de la gare, située dans le XIVe arrondissement de Paris.

« Tout le monde déteste la police »

A 14 heures, les deux groupes se faisaient face sur le parvis, dans un climat tendu, a constaté le journaliste de l’AFP. Des chants hostiles à la police (« tout le monde déteste la police », « cassez-vous », « cheminots en colère, on va pas se laisser faire ») étaient entonnés par les manifestants.

« C’est une manière de radicaliser le mouvement. On va durcir le ton pour de vrai maintenant. Ceux qui veulent suivre, ils suivent, et ceux qui veulent pas suivre et continuer à aller chercher des amendements, qu’ils se fassent plaisir ! », a expliqué à l’AFP Anasse Kazib, délégué Sud-Rail Paris-Nord.

« C’est inadmissible qu’on n’ait pas le droit d’entrer dans une gare. Est-ce qu’on matraque des policiers quand ils veulent entrer dans un commissariat ? », s’est-il emporté.

Cheminots rejoints par des étudiants à Gare du Nord et gare de l’Est

Peu après 14H30, la manifestation était dispersée à Montparnasse, mais les manifestants se sont alors rabattus sur la Gare de l’Est avant de rallier le hall de la Gare du Nord, à quelques centaines de mètres de là.

Les CRS ont entouré les quelque 150 manifestants, parmi lesquels figuraient de nombreux cheminots rejoints, entre autres, par le député de la France insoumise Eric Coquerel et des étudiants, qui chantaient Siamo tutti antifascisti [nous sommes tous anti-faschistes], scandaient « anti, anti, anti-capitalistes » ou encore « La gare, elle est à qui ? Elle est à nous ».

Vers 16h30, les manifestants demeuraient encerclés, et ce, depuis plus d’une heure.

Contactée par l’AFP, la SNCF a indiqué qu’il n’y avait pas « d’impact » sur le trafic des trains.

Ce lundi matin, le Premier ministre Edouard Philippe a lancé une série de rencontres avec les syndicats de la SNCF, promettant de nouvelles « discussions en mai » avec les organisations syndicales. Mais face au refus de l’exécutif de « fournir des détails précis » sur la reprise de la dette de la SNCF, le secrétaire général de la CGT Cheminots Laurent Brun a exclu tout arrêt du mouvement :  «Pour nous, clairement, la grève [à la SNCF] se poursuit», a-t-il annoncé à sa sortie de Matignon.