Violences du 1er-Mai: Amende et relaxes pour les premiers manifestants jugés à Paris

JUSTICE L’avocat d’un jeune homme a dénoncé le « traitement exceptionnel » réservé aux manifestants interpellés, parmi lesquels on ne trouve « aucun black bloc »…

N.Sa avec AFP

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283 personnes avaient été arrêtées à l'issue de la manifestation du 1er-Mai, dont 102 placées en garde à vue.
283 personnes avaient été arrêtées à l'issue de la manifestation du 1er-Mai, dont 102 placées en garde à vue. — ISA HARSIN/SIPA

Un apprenti cuisinier relaxé, une spécialiste du vitrail en panique, un ex-graffeur repenti ou une SDF belge : ils ont défilé vendredi au tribunal correctionnel en « comparution immédiate » pour répondre de violences commises lors de la manifestation du 1er-Mai à Paris.

Toute l’après-midi, ils se sont succédé à la barre, les visages défaits après une longue garde à vue, souvent au bord des larmes. La plupart obtiennent un report de l’audience, pour mieux se préparer. Bilan de la journée : une condamnation à 1.000 euros d’amende pour un fumigène dans la poche et deux relaxes.

« Mais où sont les black blocs ? »

Deux jeunes femmes, une Suisse et une SDF belge, qui ont refusé de se soumettre à des relevés d’empreinte et d’ADN sont écrouées dans l’attente de leur procès, dans trois semaines. Les autres sont laissés libres, parfois avec une obligation de pointer au commissariat. « Mais où sont les black blocs ? », raille un avocat, en référence aux militants d’ultragauche accusés d’être à l’origine de violences contre les forces de l’ordre et de nombreuses dégradations, allant de vitrines brisées à des incendies, en marge du défilé du 1er-Mai.

Le premier jugé en lien avec ces violences, Tim R., cadreur, ex-graffeur et photographe à ses heures, est relaxé des faits de « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations ». Mais il écope d’une amende pour avoir été en possession d’un fumigène, rapporté, dit-il, d’un tournage en Espagne et qu’il assure avoir songé à allumer pour « faire de chouettes photos » dans la manifestation.

La « fête à Macron »

La procureure avait réclamé quatre mois ferme contre lui et un mandat de dépôt à l’audience, « au vu de ce qui se prépare » : allusion sans doute aux futures manifestations contre la politique gouvernementale, dont le rassemblement prévu samedi à Paris pour faire la « fête à Macron ».

L’avocat du jeune homme a dénoncé le « traitement exceptionnel » réservé aux manifestants interpellés, parmi lesquels on ne trouve « aucun black bloc » mais une « foule de badauds », moins entraînés à échapper à la police. Beaucoup ne comprennent pas pourquoi ils ont été arrêtés, parfois loin du cortège, et encore moins pourquoi ils doivent « se justifier » d’avoir participé à une manifestation.

Au total, 283 personnes avaient été arrêtées à l’issue de la manifestation du 1er-Mai, dont 102 placées en garde à vue. Mercredi, une cinquantaine avaient été relâchées et mises hors de cause. Sept suspects devaient être présentés à un juge vendredi.