Nîmes: Homosexuel, Moussa risque l'expulsion vers la Guinée, où «sa mort est quasi certaine»

SOCIETE Le militant d’Aides doit être jugé pour avoir refusé d’embarquer, jeudi, à Lyon…

Nicolas Bonzom

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Une manifestation devant la préfecture du Gard des soutiens de Moussa.
Une manifestation devant la préfecture du Gard des soutiens de Moussa. — Aides
  • Moussa se bat pour ne pas être expulsé vers son pays d’origine, la Guinée.
  • Dans son pays, il risque d’être condamné pour son homosexualité.
  • Ses soutiens sont de plus en plus nombreux, et se mobilisent jour et nuit.

Depuis plusieurs semaines, les militants de l’association Aides, à Nîmes, dans le Gard, retiennent leur souffle : un des leurs, Moussa, un acrobate guinéen « très impliqué localement », arrivé en France en 2015, risque l’expulsion vers son pays d’origine.

Enfermé pendant une quarantaine de jours dans le centre de rétention administratif de la capitale du Gard, le jeune homme de 28 ans a été transféré à l’aéroport de Lyon, jeudi, où il a refusé d’embarquer : placé en garde à vue, Moussa attend qu’on lui sauve la vie. Là où il est né, en Guinée, on punit très sévèrement les homosexuels.

« Son compagnon a été brûlé vif »

« Il serait emprisonné, confie Christophe Robert, militant d’Aides. Son compagnon est mort, il a été brûlé vif. » Des manifestations, des veillées nocturnes sont organisées pour faire bouger les choses, et que la France fasse un geste envers Moussa. Ce vendredi après-midi, ses soutiens, de plus en plus nombreux, étaient toujours dans l’attente. Car contrairement à ce que l’on a pu lire sur les réseaux sociaux, il n’est pas tiré d’affaire.

« L’examen des risques qu’encourt une personne du fait de son homosexualité dans son pays d’origine relève de la demande d’asile, soulignait ce vendredi matin la préfecture du Gard, dans un communiqué. L’Office français de protection des réfugiés et des apatrides, comme la cour nationale du droit d’asile, ont rejeté sa demande d’asile en estimant que les craintes de persécution exprimées par l’intéressé du fait de son homosexualité ne pouvaient être regardées comme fondées. » Des mots très durs, pour ceux qui se mobilisent jour et nuit depuis plusieurs semaines pour que Moussa reste en France.

Jugé ce vendredi

« Foutaise, s’emporte Christophe Robert. Nous savons qu’en Guinée, les homosexuels sont punis. La France est le pays de la liberté, et l’on souhaite renvoyer dans son pays un homme qui en serait privé, sa condition humaine serait remise en cause là-bas. » Son expulsion le conduirait « vers une mort quasi certaine », assure l’association Aides.

« Son compagnon a déjà été assassiné en raison de son homosexualité. Son expulsion serait un scandale », a souligné quant à lui le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. « Il est temps que le gouvernement fasse preuve de l’humanité qu’il évoque si souvent », s’est exclamée de son côté l’ancienne ministre du logement, Emmanuelle Cosse.

Ce vendredi en milieu d’après-midi, Moussa attendait, avec son avocate, sa comparution devant le tribunal de grande instance, après son refus d’embarquer à l’aéroport de Lyon. « Nous sommes en contact régulier avec lui, reprend Christophe Robert. Même dans la tristesse, il garde toujours un peu d’espoir. Il apprécie Maître Gims. La dernière fois, dans un sourire, il nous a dit qu’il était devenu presque aussi connu que lui… »