Seine-Maritime: Des habitants se mobilisent contre la construction d'une unité de méthanisation à 150 mètres de chez eux

POLLUTION Les habitants craignent les nuisances olfactives de l’unité de méthanisation qui devrait se trouver à environ 150 mètres des premières habitations…

20 Minutes avec agence

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Une installation de méthanisation à Moussonvilliers dans l'Orne en octobre 2016. (Photo illustration).
Une installation de méthanisation à Moussonvilliers dans l'Orne en octobre 2016. (Photo illustration). — CHAMUSSY/SIPA

L’installation d’une future unité de méthanisation ne fait pas l’unanimité à Bréauté (Seine-Maritime). Quatorze agriculteurs des environs ont monté une association, Méthacaux, pour appuyer la construction qui doit démarrer en 2019.

Mais les habitants, eux, ne sont pas ravis. Selon Christophe Beuzeboc, un riverain, le projet d’unité est situé à « à peine 150 mètres des premières habitations », rapporte Normandie Actu.

Projet surprise

Les unités de méthanisation permettent la production d’énergie par la fermentation de déchets ou d’effluents agricoles. Problème : ce type de dispositif peut générer des nuisances olfactives très gênantes, surtout s’il est situé près d’habitations individuelles.

En outre, les habitants ont eu la surprise d’apprendre la nouvelle du projet par… un simple tract déposé dans leur boîte aux lettres. « 15 à 20 personnes sont impliquées et impactées directement », témoigne Christophe Beuzeboc, indigné. «Le maire dit qu’il ne sait rien du projet, mais il a signé quatre demandes de certificat d’urbanisme ».

Pétition contre l’installation

Pour lutter contre le projet, les riverains ont lancé le collectif « Riverain au parfum ». « Les représentants de Méthacaux nous ont dit qu’on n’avait qu’à déménager si on n’était pas content », poursuit Christophe Beuzeboc. « Nous ne sommes pas contre ce type de projet, mais l’emplacement prévu est beaucoup trop proche de nos maisons. On demande qu’il soit déplacé ».

Le collectif a lancé une pétition, en ligne et sur papier, qui a déjà récolté plusieurs centaines de signatures. Mais difficile de se faire entendre, surtout dans une région où les unités de méthanisation sont très en vogue : la Normandie en compte 31, dont deux en Seine-Maritime.

Un « projet de taille modeste »

De son côté, la municipalité tente de calmer le jeu et explique qu’« un certificat d’urbanisme ne constitue pas un permis de construire ». Elle ajoute qu’elle ne sait « pas grand-chose de ce projet d’agriculteurs voué à s’installer sur des terrains privés ». Les agriculteurs porteurs du projet disent comprendre les craintes des riverains, mais assurent que l’installation a été réfléchie.

Le porte-parole de l’association Méthacaux indique « avoir visité plusieurs terrains » afin de trouver celui « qui gênerait le moins » et conclut : « Nous sommes à 200 mètres des habitations alors que la législation en demande 50 minimum. Le projet est de taille modeste. […] Et un architecte paysager sera missionné pour réaliser une parcelle avec un talus tout autour, afin de cacher l’ensemble du dispositif ».

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