L'école du 45, rue d'Ulm est occupé par des personnes extérieures à l'école.
L'école du 45, rue d'Ulm est occupé par des personnes extérieures à l'école. — Christophe SIMON / AFP

MOBILISATION

L'Ecole normale supérieure occupée par des opposants à la loi sur les universités

L’ENS est l'un des établissements les plus prestigieux et les plus sélectifs de l’enseignement supérieur français... 

L’Ecole normale supérieure (ENS) est rattrapée à son tour par la grogne contre la loi Vidal. L’un des établissements les plus prestigieux et les plus sélectifs de l’enseignement supérieur français, est resté fermé jeudi après une nuit d’occupation par des opposants aux nouvelles modalités d’accès à la fac.

« Une occupation a eu lieu à l’issue d’un colloque qui s’est tenu mercredi soir autour de l’actualité de l’université. L’école est fermée aujourd’hui », a expliqué une porte-parole de l’établissement, créé sous la révolution et installé en plein quartier latin. L’ENS, qui a eu parmi ses étudiants les philosophes Henri Bergson, Jean-Paul Sartre ou encore Michel Foucault, accueille près de 2.400 étudiants, dans des disciplines littéraires et scientifiques. 

« Toutes les activités sont annulées »

Sur la porte d’entrée, les opposants ont accroché un panneau indiquant « toutes les activités sont annulées ». Quelques dizaines de personnes, des étudiants, d’anciens étudiants et des éléments extérieurs à l’Ecole ont passé la nuit à l’intérieur de l’établissement. Des CRS sont arrivés jeudi en milieu de matinée et ont bloqué tous les accès à la portion de la rue d’Ulm où se trouve l’ENS, ainsi que l’entrée de l’établissement. Les personnes présentes dans la rue, dont les journalistes, ont été priées de quitter les lieux.

Le directeur de l’Ecole, Marc Mézard, a demandé aux étudiants logés au sein du 45 rue d’Ulm de déménager s’ils en ont la possibilité, car « la sécurité des étudiants » ne peut pas être « totalement » garantie. « Toutes les activités de l’école aujourd’hui sont annulées », a-t-il ajouté dans un mail envoyé aux étudiants.

Trois universités sur 73 sont bloquées

Le Premier ministre Edouard Philippe, en déplacement dans le Cher, a réagi à ce mouvement de protestation. « J’observe que l’Ecole normale supérieure formule une inquiétude sur le caractère sélectif de l’enseignement supérieur. C’est assez savoureux quand on sait le caractère extrêmement sélectif de l’Ecole normale supérieure », a-t-il déclaré. « Mais c’est comme ça et je le prends avec énormément d’intérêt et beaucoup d’attention ».

A l’heure actuelle, trois universités sur 73 sont bloquées, Jean-Jaurès à Toulouse, Rennes-2 et Nanterre, ainsi que quelques sites sur les universités de Limoges, Nantes, Marseille par exemple. Au plus fort du mouvement, on comptait une quinzaine de sites occupés. La plupart des facultés sont actuellement en période d’examens.

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