Toulouse: La direction de l'université Jean-Jaurès sollicite les forces de l'ordre «à regret»

SOCIETE L'administrateur provisoire de l'université Jean-Jaurès, auquel le tribunal administratif a ordonné le déblocage du campus mercredi, va solliciter l'intervention des forces de l'ordre...

Béatrice Colin

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L'Université Jean-Jaurès est occupée depuis le 6 mars. La justice a ordonné le 2 mai le déblocage du campus du Mirail.
L'Université Jean-Jaurès est occupée depuis le 6 mars. La justice a ordonné le 2 mai le déblocage du campus du Mirail. — B. Colin / 20 Minutes
  • Mercredi matin, le tribunal administratif de Toulouse a ordonné le déblocage de l’université Jean-Jaurès.
  • L’administrateur provisoire qui s’était opposé à l’intervention des forces de l’ordre jusqu’à présent, a indiqué en fin de journée que «contraint», il allait tout de même le faire.
  • L’université Jean-Jaurès est bloquée depuis le 6 mars par des étudiants et personnels, opposés, notamment à la nouvelle loi sur l’accès aux études supérieures.

En fin de matinée, le tribunal administratif de Toulouse, ordonnait le déblocage du campus du Mirail, suite au recours en référé déposé par le syndicat étudiant de droite, l’UNI, et quatre étudiants à titre individuel.

Dans sa décision, le magistrat enjoignait l’administrateur provisoire de l’Université Jean-Jaurès, Richard Laganier, à « faire usage de son pouvoir de police administrative afin de faire libérer l’accès à l’ensemble des locaux universitaires sur le site du Mirail et de faire procéder à l’évacuation de deux bâtiments occupés illégalement sur ce même site ».

Après plusieurs heures, la décision du principal intéressé est tombée en fin de journée sur les boîtes mails des étudiants et personnels de l’établissement, bloqué depuis le 6 mars.

« Je prends acte de cette décision, qui me contraint à solliciter le concours des forces de l’ordre afin de procéder à l’évacuation des locaux. Je prends cette décision à regret, bien que je comprenne sa nécessité », indique dans son communiqué le représentant de la direction, nommé par le ministère après la dissolution de tous les conseils de l’université.

Accroissement des tensions

Une décision à laquelle les étudiants et personnels, mobilisés depuis plusieurs semaines contre la nouvelle loi sur l’accès aux études supérieures, ne s’attendaient pas vraiment.

« L’administrateur provisoire s’est toujours engagé pour ne pas faire intervenir la police car c’est une décision qui pourrait mettre le feu aux poudres. Nous allons de toute manière rester mobilisés, c’est notre meilleure réponse. Notre objectif n’est pas de nous faire matraquer, comme cela a été le cas dans de nombreuses facs », indiquait en milieu d’après-midi Anna Trotzky du syndicat Solidaires.

Pour justifier cette décision, Richard Laganier met de son côté « l’accroissement des tensions au sein de l’université ». Mais aussi « les nombreuses dégradations, dont les premières estimations avoisinent la somme de 400.000 euros » ou encore « la multiplication des comportements à risque, questionnant la sécurité des biens et des personnes ».

« Décision politique »

Au-delà de ces arguments, pour des représentants syndicaux, la décision est surtout politique et « vient de plus haut ». « Le blocage est la condition matérielle qui nous permet de nous mobiliser. Or Macron a peur de la mobilisation de la jeunesse car on sait qu’elle peut faire basculer un mouvement social », relève de son côté Guillaume Eudeline, un des porte-paroles des étudiants.

Une nouvelle assemblée générale est prévue jeudi matin pour décider de la suite à donner au mouvement.

En attendant, la décision d’une intervention policière est désormais entre les mains du préfet de la Haute-Garonne, Pascal Mailhos. Le représentant de l’Etat attendait en fin de journée la sollicitation officielle de Richard Laganier pour « examiner les modalités d’exécution de la décision de justice ».

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