Vélib: «C'est une catastrophe industrielle !»

VOUS TEMOIGNEZ La mise en place du nouveau Vélib’ en début d’année connaît de nombreux ratés. De quoi exaspérer les usagers qui témoignent pour 20 Minutes…

Nils Wilcke
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Les difficultés de la mise en place des nouveaux Vélibs exaspèrent les usagers.
Les difficultés de la mise en place des nouveaux Vélibs exaspèrent les usagers. — Lionel BONAVENTURE / AFP
  • Le nouveau Vélib' a été mis en place cette année.
  • Mais de nombreux ratés, manque de stations ouvertes ou des vélos défaillants, se sont enchaînés, exaspérant les usagers.
  • Les internautes de «20 Minutes» témoignent de ce qu'ils estiment être une «catastrophe industrielle»

« Une catastrophe industrielle », « un désastre », une « déception ». Sans surprise, les nouveaux Vélib’ semblent faire l’unanimité… contre eux  auprès des lectrices et des lecteurs de 20 Minutes. Car depuis leur mise en service au début d’année,  les couacs s’enchaînent et mettent la patience des usagers à rude épreuve.

Dernier épisode en date : la dégringolade du taux de stations ouvertes. En cause, le mouvement de grève lancé par les salariés de l’opérateur Smovengo. Ces derniers dénoncent de mauvaises conditions de travail et des acquis sociaux non respectés. En réponse, la mairie de Paris demande un plan d'urgence avec le remplacement de 3 000 vélos inutilisables à l’opérateur Smovengo, d’ici une semaine. Autre souci et pas des moindres, les vélos sur batteries ne fonctionnent pas correctement. Or, cette option a été lancée justement pour pallier aux défaillances du raccordement des vélos au réseau électrique.

« Très peu de stations Vélib' sont entièrement fonctionnelles et électrifiées »

C’est sur ce « problème majeur » qu’Eric, « utilisateur Vélib’ depuis six ans », veut attirer l’attention : « très peu de stations sont entièrement fonctionnelles et électrifiées. Le problème des stations sur batteries est que tous les vélos (mécaniques ou électriques) ont besoin d’être chargés pour fonctionner (contrairement aux anciens) et donc ne le sont que très rarement », détaille-t-il.

Autre problème de taille pointé par les internautes : des stations et des vélos souvent inaccessibles. « Entre l’ancien et le nouveau Vélib', c’est le jour et la nuit », témoigne Steve. « Peu de stations ouvertes, et quand elles le sont il est trop souvent impossible de décrocher un vélo. J’ai reçu une fois un SMS pour m’indiquer que je roulais depuis une heure alors que je n’avais pas réussi à débloquer le vélo ! ».

Une semaine après avoir acheté son abonnement, il n’a toujours pas pu prendre de vélo

Même problème pour Claude : « J’ai essayé une dizaine de spots. Soit les vélos étaient éteints, soit j’avais un panneau d’interdiction à la fin de la procédure d’identification de ma carte », raconte-t-il. Une semaine après avoir acheté son abonnement (incluant le vélo électrique), il n’a toujours pas pu prendre de vélo. Steve, lui, n'a pu effectuer que 5 trajets depuis le début de l’année alors qu’il utilisait Vélib’« presque quotidiennement l’année dernière ».

Même constat pour Eric : « Arriver à prendre un Vélib' prend beaucoup de temps car il faut déjà trouver une station qui fonctionne et qui en a encore. Le système de connexion est toujours lent comparé à l’ancien et souvent, le vélo est bloqué ». Pour lui qui a fait du Vélib’ son « seul et unique moyen de transport depuis plus de 2 ans », l’expérience est amère. Il a raccroché son casque depuis le mois de janvier.

« Tout n’est pas noir »

Pour celles et ceux qui arrivent à décrocher un vélo, les ennuis continuent au moment de restituer l’appareil. « Parfois, il est impossible de déposer un vélo, même en suivant à la lettre les instructions », observe un internaute. « Si vous avez par miracle réussi à avoir un vélo, alors le retour peut être délicat, par deux fois le retour à la station a été considéré comme une pause et impossible de décrocher à nouveau le vélo », explique Arthur. Résultat ? Plus d’une semaine et « 10 appels au service technique » pour pouvoir réemprunter un appareil.

Quelques points positifs émergent dans cet océan de critiques. Les vélos sont « plus légers et donc plus rapides », avance un internaute. Arthur apprécie leur design et leur qualité : « Les nouveaux modèles sont mieux, tout n’est pas noir », relativise-t-il. Ce Parisien veut rester optimiste et espère que le service sera au point cet été car « le Vélib’ est très pratique, surtout lorsque les beaux jours reviennent ».

Smovengo fait le dos rond. L’opérateur a envoyé un mail aux abonnés dans lequel il présente ses excuses tout en assurant que ses équipes sont « totalement investies pour régler les problèmes techniques ». Les abonnés peuvent d’ores et déjà demander le remboursement de leur abonnement pour le premier trimestre 2018.