Ponts de mai: Quels risques court-on à faire rater la classe à son enfant?

EDUCATION Le mois de mai comporte quelques possibilités de faire le pont, dont de nombreuses familles ne comptent pas se priver, quitte à faire «sécher» leurs enfants...

Delphine Bancaud

— 

Une famille en vacances
Une famille en vacances — pIxabay/Jill111
  • En mai, certains parents d’élèves sont tentés de faire rater l’école à leurs enfants pour profiter de week-ends prolongés à l’occasion de jours fériés.
  • Selon l’article L.131-8 du code de l’éducation, les élèves sont soumis à une obligation d’assiduité et ne peuvent rater la classe que dans des cas bien précis.
  • En pratique, les sanctions ne sont presque jamais appliquées. Mais les élèves absents peuvent être pénalisés dans leurs apprentissages.

La tentation était forte ce lundi pour les parents, de faire rater la classe à leurs enfants pour faire le pont, le 8 mai tombant un mardi. Une liberté que certains s’étaient déjà octroyée lors du week-end du 1 er mai.

Et cette entorse avec les règles fixées par le calendrier scolaire pourrait être réitérée par certains parents, le jour de l’Ascension (le 10 mai) un jeudi. Or, en France, il y a classe dans les établissements publics les veilles de jour férié. Sauf si le conseil d’administration de l’établissement a voté sa fermeture.

Seuls quelques motifs légitimes

Les élèves étant soumis à une obligation d’assiduité, ils ne peuvent rater la classe que dans des cas bien précis, comme l’indique l’article L.131-8 du code de l’éducation : « Lorsqu’un enfant manque momentanément la classe, les personnes responsables doivent, sans délai, faire connaître au directeur ou à la directrice de l’établissement les motifs de cette absence. Les seules raisons considérées comme légitimes sont les suivantes : maladie de l’enfant, maladie transmissible ou contagieuse d’un membre de la famille, réunion solennelle de famille, empêchement résultant de la difficulté accidentelle des communications, absence temporaire des personnes responsables lorsque les enfants les suivent. Les autres motifs sont appréciés par l’autorité de l’Etat compétente en matière d’éducation ».

De plus, l’article R. 131-5 du code de l’éducation précise qu’« en cas d’absence prévisible, les personnes responsables de l’enfant en informent préalablement le directeur de l’école ou le chef de l’établissement et en précisent le motif. S’il y a doute sérieux sur la légitimité du motif, le directeur de l’école ou le chef de l’établissement invite les personnes responsables de l’enfant à présenter une demande d’autorisation d’absence qu’il transmet au directeur académique des services de l’éducation nationale agissant sur délégation du recteur d’académie. »

Etre dans le viseur de l’équipe enseignante

Mais les sanctions envers les parents sont très rares car selon le code de l’éducation, il faut qu’un élève rate quatre demi-journées en un mois dans le premier degré, et dix demi-journées en un mois dans le second degré, pour qu’une procédure soit enclenchée. Et l’article R624-7 du Code pénal, prévoit qu’une amende de 750 euros maximum peut être infligée aux parents de l’enfant absentéiste. Une sanction à visée dissuasive, car elle n’a été pratiquement jamais infligée.

Le principal risque que court la famille est plutôt d’être mal vue par le directeur de l’établissement et les enseignants des enfants. Quelques tweets de profs excédés en témoignent.

Par ailleurs, les enfants qui auront raté des heures de cours, devront rattraper ce qui a été enseigné. Ce qui n’est pas toujours aisé, car il faut récupérer les cahiers d’un camarade bienveillant (et présent, lui).