VIDEO. Bordeaux: Une association installe des sanitaires mobiles dans les squats de l’agglo

SOCIETE L’association Dynam’eau a installé une douche et des toilettes démontables dans un squat de la métropole bordelaise situé à Bègles, avec l’aide d’une partie des occupants…

Elsa Provenzano

— 

Avec l'aide de l'association Bordelaise Dynam'eau, les occupants d'un squat installent des sanitaires.
Avec l'aide de l'association Bordelaise Dynam'eau, les occupants d'un squat installent des sanitaires. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • L'association Dynam'eau construit fin avril, avec l'aide des occupants, des sanitaires mobiles dans un squat de Bègles, sur la métropole bordelaise.
  • Association à vocation internationale, Dynam'eau se penche sur les problèmes locaux d'accès à l'eau dans les squats de Bordeaux.
  • Elle prévoit d'équiper d'autres camps de fortune de l'agglomération en sanitaires démontables. 

« C’est très bien, je les remercie beaucoup », sourit Vera, 24 ans, demandeuse d’asile albanaise qui vit avec ses deux enfants dont un bébé de quatre mois dans un squat de Bègles, sur l’agglomération bordelaise.

Pendant qu’elle fait sa lessive avec les moyens du bord, un tuyau d’arrosage rafistolé, l’association Dynam'eau installe avec l’aide de plusieurs occupants du site des sanitaires mobiles (douche et toilettes). Cette association qui agit à l’international a voulu aussi prendre à bras-le-corps le problème de l’accès à l’eau dans la métropole bordelaise avec ce projet baptisé « Les toilettes se bougent le Q ».

C’est la première action de ce type de l’association sur la métropole, elle a choisi de commencer par ce squat installé sur un terrain en friche qui a abrité un ancien supermarché et qui ressemble aujourd’hui à une décharge. « C’est mieux pour nous que d’aller dans le parc c’est sûr, mais j’aimerais aussi qu’on nous aide à nettoyer tout ça », réagit Kévin, 20 ans, originaire d’Albanie également et qui vit sur le squat jonché de détritus depuis quatre mois.

Améliorer l’hygiène et la santé des occupants

Choisi pour ses facilités techniques de raccordement au réseau, le site a été équipé d’un premier prototype de sanitaires mobiles au début du mois d’avril et devant le succès rencontré, Dynam’eau a choisi d’y installer un second équipement.

Crée en 2010, la structure travaille sur la problématique de l’accès à l’eau sur toute la Métropole depuis deux ans. « Nos équipes qui se rendent au sein des squats et bidonvilles constatent les conséquences de cette absence d’équipement sur les habitants de ces lieux de vie : pathologies digestives, dermatologiques, bucco-dentaires, risque d’incendie, consommation exubérante d’eau, défécation à l’air libre, assiduité scolaire affaiblie etc. », explique l’association.

« Très souvent les occupants doivent recourir au système D et cela occasionne parfois des grosses fuites d’eau », précise Théo Andrieux, de l’association Dynam’eau. Soutenue financièrement par Bordeaux Mécènes Solidaires et la fondation Abbé Pierre pour ce projet d’installation de sanitaires, l’association a aussi pour objectif d’aider les occupants à réparer leurs fuites. Elle travaille en partenariat avec Suez pour le raccordement nécessaire des toilettes mobiles, déplaçables en cas d’expulsions.

« On a choisi au terme d’un appel à projets sur l’innovation sociale de soutenir Dynam’eau qui s’attaque à l’indispensable accès à l’eau et à l’hygiène, commente Stéphanie Ioan, déléguée générale de Bordeaux Mécènes Solidaires. C’est important qu’il y ait une participation des usagers à la construction des sanitaires, pour permettre ensuite un bon entretien. »

>> A lire aussi : Bordeaux: Les squats sont repoussés de plus en plus en périphérie

Ce site pilote doit permettre à l’association d’équiper d’autres squats. Un projet est déjà prévu en mai sur un squat de Villenave d’Ornon mais ce seront des toilettes sèches car un raccordement au réseau d’eau n’est pas possible. Beaucoup de besoins existent sur l’agglomération bordelaise. « Selon les évaluations disponibles, on estime qu’il y a environ 1.200 personnes qui y vivent dans 30 à 80 squats », relève Théo Andrieux.