Pascal Pavageau élu à la tête de FO, «hypocrisie» et «duplicité» pour Jean-Claude Mailly

SYNDICAT Pascal Pavageau, seul candidat en lice, a été élu avec 97% des voix...

20 Minutes avec AFP

— 

Pascal Pavageau, le successeur de Jean-Claude Mailly à la tête de FO, le 27 avril 2018.
Pascal Pavageau, le successeur de Jean-Claude Mailly à la tête de FO, le 27 avril 2018. — Sarah ALCALAY/SIPA

Il était le seul candidat en lice. Pascal Pavageau a été élu ce vendredi nouveau secrétaire général de Force ouvrière, à l’issue d’une semaine de congrès chahutée à Lille. Le successeur de Jean-Claude Mailly n’a pas été validé par le secrétaire sortant, qui s’est fendu d’un tweet assassin contre lui.

Pascal Pavageau, 49 ans, a été élu confortablement au siège de secrétaire de Force ouvrière (FO), avec 97 % des voix. Cet Orléanais issu de la fonction publique aura la lourde tâche de rassembler les troupes du syndicat sous tension après le départ tout sauf apaisé de Jean-Claude Mailly.

Celui-ci a essuyé un vote sanction de son rapport d’activité, qui a failli ne pas être adopté : il a obtenu 50,54 % des suffrages exprimés, alors qu’il s’agit habituellement d’une formalité ; il avait bénéficié d’un vote à 97 % lors des deux derniers congrès.

« Hypocrisie et duplicité »

Ce vote d’extrême justesse résume bien l’ambiance et les interventions qui ont eu lieu à la tribune du congrès depuis lundi, oscillant pour moitié entre violentes critiques et soutien loyal.

Lors de son premier discours, Pascal Pavageau a salué le « travailleur acharné » Mailly, avant de lui souhaiter « bon vent, camarade ». Il a demandé à l’assistance de se lever pour celui qui a dirigé FO 14 ans durant et était absent de cette dernière journée à Lille.

Quelques minutes plus tard, l’ex-secrétaire a posté sur Twitter un message vengeur : « Je suis redevenu libre ! Discours du nouveau secrétaire général de FO : hypocrisie et duplicité. Respect aux militants réformistes. »

Interrogé après son discours, Pascal Pavageau a « regretté » cette saillie, « y compris sur un plan personnel », se disant un peu plus tard « plus déçu que blessé ».

Une mobilisation interprofessionnelle en vue

L’intervention virulente de Jean-Claude Mailly tranche avec ses appels, jeudi, à l’unité de son syndicat, formation hétéroclite dont l’équilibre entre toutes les tendances est fragile. « L’unité, c’est comme dans le bâtiment, c’est plus long à construire qu’à détruire », avait-il lancé.

La sortie de scène de Jean-Claude Mailly a été bien difficile. Il était critiqué en interne depuis plusieurs mois pour sa position jugée trop conciliante sur les ordonnances travail.

« Les choses ont été dites très fortement, mais il n’y a eu aucun incident », a estimé finalement Pascal Pavageau, dont le discours en forme de réquisitoire contre la politique de Macron « Jupiter » a été un peu éclipsé par cet événement.

Il a indiqué que « dès la semaine prochaine » il allait prendre contact avec les autres syndicats avec comme perspective une « mobilisation interprofessionnelle ».