Pyrénées: Les défenseurs de l'ours maillent le terrain de bénévoles, les anti appellent à la mobilisation

BIODIVERSITE Alors que l'association Ferus, militante pour la réintroduction de l'ours, cherchent des bénévoles pour son opération Parole d'ours, les opposants manifestent lundi à Pau...

Julie Rimbert

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Un ours brun (photo illustration).
Un ours brun (photo illustration). — WHITEWOLF/SIPA
  • L'association Ferus, pour la préservation de l'ours dans les Pyrénées, recherche des bénévoles pour sillonner le massif afin de sensibiliser les populations et les touristes à la sauvegarde du plantigrade.
  • Un mois après l'annonce de deux lâchers d'ourses femelles dans le Béarn, les opposants organisent lundi une manifestation à Pau.

Depuis l'annonce il y a un mois de la réintroduction de deux ourses femelles dans le Béarn par Nicolas Hulot, le torchon brûle entre défenseurs du plantigrade et opposants. Comme tous les étés depuis onze ans, l' association militante Ferus recherche des bénévoles pour parcourir les Pyrénées et sensibiliser la population et les touristes à la préservation de l’ours. Côté anti-ours, une grande manifestation est prévue lundi à Pau.

Chaque été, une trentaine de personnes sillonne le massif pyrénéen pour échanger sur la préservation de cette espèce. Il suffit d’être âgé de plus de 18 ans pour participer pendant une ou deux semaines à cette sensibilisation.

« Contrer les outrances des opposants »

« Nos équipes sont bien accueillies sur le terrain, même dans le Béarn où le sujet est sensible puisque deux lâchers auront lieu à l’automne, confie Sabine Matraire, vice-présidente de Ferus. Cela permet de contrer les outrances des opposants qui ne sont pas objectifs. Les bénévoles viennent de toute la France car l’ours reste un patrimoine français naturel que les citoyens ont envie de préserver ».

Selon un sondage réalisé par l’Ifop en mars pour un collectif d’associations pro-ours, 76 % des habitants des Pyrénées sont favorables au maintien des plantigrades sur le massif. Retraité, chômeur, étudiant, militants ou personne en recherche d’expérience, il n’y a pas de profil type du bénévole. Ils sont pris en charge pour le logement et la nourriture, et sont formés à la problématique de l’ours en amont, avec de la documentation sur la biologie de l’animal, son comportement, son alimentation…

Colère dans le Béarn

Dans le Béarn, la colère gronde chez les opposants face aux nouvelles réintroductions programmées cet automne. La contestation s’organise avec la tenue d’une manifestation lundi à Pau. Deux ours mâles sont recensés dans cette zone mais depuis trois ans, aucun dégât lié à leur présence n’a été observé. L’arrivée de deux femelles pour conforter ce foyer de plantigrades inquiète les éleveurs.

« Cela va faire beaucoup de mal aux animaux et au pastoralisme, en particulier dans les Hautes-Pyrénées, le département voisin, plaide Oliver Maurin, co-président de l’association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées. Les éleveurs sont pris par autoritarisme car on nous impose une décision sans respecter le cadre juridique puisqu’une concertation des populations locales aurait dû avoir lieu avant ces lâchers ».

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