Aéroport de Nantes: Des riverains en colère vont bloquer des accès au périph sud ce vendredi

AEROPORT Une manifestation est prévue ce vendredi soir entre 17h et 20h aux abords de la porte de GrandLieu...

Julie Urbach

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Lors d'une manifestation le 27 avril. Un panneau Nantes Atlantique est sature. Les riverains aussi.//Credit:SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA/
Lors d'une manifestation le 27 avril. Un panneau Nantes Atlantique est sature. Les riverains aussi.//Credit:SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA/ — SIPA
  • Des difficultés de circulation sont à prévoir ce soir, à la veille d'un week-end de départ en vacances.
  • Des riverains en colère se sont donné rendez-vous à 17h aux abords de la porte de Grandlieu, non loin de l'aéroport Nantes-Atlantique.

Gare aux bouchons. Trois mois après l’abandon du transfert, les riverains de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique n’ont toujours pas digéré la décision du gouvernement. Ce vendredi soir, entre 17h et 20h, ils ont décidé de bloquer des accès au périphérique sud, au niveau de la porte de Grandlieu. « Un millier » de manifestants sont attendus sur le rond-point qui mène à l’aéroport, la veille d’un grand week-end de vacances.

« Nous distribuerons des tracts, indique Joël Sauvaget, président du Coceta et habitant de Saint-Aignan-de-GrandLieu. Petit à petit, un bouchon va se former sur le périphérique, c’est en tout cas notre souhait. Les automobilistes seront sûrement énervés pendant trois heures, mais il faut qu’ils comprennent que pour nous, la colère va durer pendant les dix prochaines années. »

Aucune compensation

Alors que 42.000 riverains seraient actuellement concernés par les nuisances occasionnées par le survol des avions, les associations qui les représentent dénoncent « la trahison du gouvernement ». D’autant que trois mois plus tard, aucune des compensations promises n’a été concrétisée. La préfecture vient cependant de communiquer le calendrier sur la révision du plan d’exposition au bruit (qui interdit des constructions trop exposées au bruit aérien) et du plan de gêne sonore (qui permet d’accorder des subventions pour les travaux d’isolation phonique des habitations).

« Les élus ont la naïveté de croire que des compensations arriveront, mais nous on sait qu’on n’aura rien, juge Joël Sauvaget. Nous exigeons la tenue d’un débat public qui démontrera que le réaménagement de Nantes-Atlantique est impossible. Mais nous n’avons aucune considération, alors que les zadistes, eux, ont déjà été reçus plusieurs fois en préfecture. »

Action en justice

La seule hypothèse pour le moment étudiée par le gouvernement serait l’allongement de la piste d’atterrissage de 500 m au sud, qui se heurte pourtant au respect de la Loi littoral et à la présence d’habitations. « Il faut changer l’axe ou carrément trouver un autre lieu de transfert, conclut Joël Sauvaget. En attendant, nous allons étudier la possibilité de demander réparation à l’Etat et de l’attaquer pour le préjudice subi, qui ne va faire qu’empirer. »

Selon les derniers chiffres de Vinci, l’aéroport Nantes-Atlantique a attaqué l’exercice 2018 sur des bases toujours très élevées. Le trafic du premier trimestre affiche en effet une hausse de 18,6 % par rapport à 2017. Le cap des 5 millions de passagers a été atteint en novembre dernier, avec cinq ans d’avance par rapport aux prévisions.

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