VIDEO. Nantes: Ça y'est, les caméras de vidéosurveillance ont commencé à filmer

SECURITE Une centaine de caméras ont été installées dans le centre-ville et différents quartiers nantais...

Julie Urbach

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Le centre de supervision à Nantes
Le centre de supervision à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Annoncé depuis 2014, le dispositif de vidéosurveillance est entré en service à Nantes.
  • Un centre de supervision, où se relaient une quinzaine d'agents 24h/24 et 7 jours sur 7, a été inauguré.

Elle faisait partie des dernières grandes villes de France à ne pas en être dotée. C’est désormais du passé. Depuis une semaine et avec plusieurs mois d’avance, les dizaines de caméras de vidéosurveillance (97 au total) installées dans les rues de Nantes sont opérationnelles. Il faut bien lever la tête (et regarder à plus de 10m de haut parfois) pour les apercevoir.

S’il y en a 34 en centre-ville, les autres sont réparties dans une dizaine d’autres secteurs : Bellevue, Bottière, Dervallières, Hangar à Bananes… « Des zones qui peuvent poser souci en matière de délinquance, explique Gilles Nicolas, adjoint à la sécurité de Nantes. Là aussi où existent des lieux de rassemblement. » 22 seront installées à Saint-Herblain, 13 à Rezé et 7 à Vertou.

Bagarres et agressions

Pour les piloter, un centre de supervision urbain vient d’être inauguré. Une quinzaine d’opérateurs s’y relaient 7 jours sur 7 et 24h/24 pour ne rien manquer de vos faits et gestes, et en lien avec la police nationale et municipale. « On peut zoomer, faire tourner les caméras à 360 degrés, assure Didier Fillion-Nicolet, directeur général adjoint à la sécurité. Si l’on repère une personne en détresse, on alerte immédiatement les secours. On suit aussi les déplacements des agresseurs, ce qui peut aider aux interpellations. En fait, on démultiplie les possibilités de patrouille. »

Depuis quelques jours, les agents ont déjà été témoins de plusieurs faits. « On voit des bagarres, des phénomènes de mendicité agressive, explique Mathis, l’un d’entre eux, qui scrute un écran. On est aussi très vigilants sur le secteur du Hangar à Bananes, où il peut y avoir des agressions entre 4h et 6h du matin, des gens qui enjambent les rambardes. On cherche aussi à mieux identifier les points de deal. »

Un dispositif intrusif ?

Les images, qui peuvent être transmises à la police en temps réel, sont conservées pendant quinze jours. Car si l’objectif est d’abord de lutter contre l’insécurité et dissuader les délinquants de passer à l’acte, ces vidéos doivent aussi aider à la résolution des enquêtes, lorsque la justice en aura besoin. « Elles permettront d’identifier les auteurs ou de caractériser les infractions, juge Didier Fillion-Nicolet. C’est un outil très utile. »

Les secteurs couverts par la vidéoprotection
Les secteurs couverts par la vidéoprotection - Nantes métropole

Il n’empêche que les habitants vont devoir s’habituer à ce nouveau dispositif, vu parfois comme intrusif. Sur cette question, la ville promet une « transparence dans l’utilisation des images ». Un comité éthique composé d’avocats et d’associations a notamment été mis en place pour garantir le respect du droit à l’image et la libre circulation sur l’espace public. Quant aux caméras donnant sur des habitations, les fenêtres et portes des immeubles sont automatiquement floutées.

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