Plan Borloo pour les banlieues: Les 19 propositions de l’ancien ministre contre un « nouvel apartheid »

INVESTISSEMENTS Ce rapport servira à bâtir le plan promis par Emmanuel Macron en faveur des quartiers prioritaires, annoncé dans le courant du mois de mai…

Lucie Bras

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Jean-Louis Borloo, ancien ministre de l'Environnement lors d'une conférence de presse le 18 janvier 2018.
Jean-Louis Borloo, ancien ministre de l'Environnement lors d'une conférence de presse le 18 janvier 2018. — Jacques Witt / Sipa/SIPA

Rénovation des quartiers, création d’une « académie des leaders », emploi… Jean-Louis Borloo a remis ce jeudi son plan de bataille pour les banlieues ce jeudi. Ce rapport très attendu contient 19 propositions et met en garde contre le risque de « nouvel apartheid » en matière de mixité.

Intitulé « Vivre ensemble - vivre en grand la République », ce rapport de 60 pages appelle à une « réconciliation nationale ». Il servira à bâtir le « plan de mobilisation » en faveur des quartiers prioritaires qu’Emmanuel Macron annoncera « dans le courant du mois de mai », a indiqué le Premier ministre Edouard Philippe après avoir reçu le document. Très attendu, ce rapport appelle à « un changement radical dans la conduite de l’action publique ».

Il égrène 19 programmes pour « faire revenir la République » dans les quartiers face au « repli identitaire et communautaire », allant de la « relance immédiate de la rénovation urbaine » à la réorganisation de l’école en passant par la création d’une « académie des leaders » inspirée de l’ENA.

Une spirale positive, un « effet blast »

Ces programmes « peuvent démarrer tout de suite, ils provoqueront un effet « blast », une spirale positive et une dynamique extrêmement puissante », assure l’ancien ministre de la Ville, qui appelle aussi à « investir dans la petite enfance », « agir fermement pour la sécurité et la justice », « lutter contre l’illettrisme » et créer « 200 campus numériques ».

En matière de financement, Jean-Louis Borloo rappelle que la rénovation urbaine a généré « 48 milliards de travaux » en dix ans, et appelle à la création d’un fonds de plus de 5 milliards d’euros abondé notamment par « la cession des participations de l’Etat en 2018 », qui ne créerait « pas de dépenses budgétaires nouvelles pour l’Etat ».

« Je dois avouer ma stupéfaction d’avoir découvert à quel point le système était désinvolte et se mentait à lui-même », affirme en conclusion de son rapport l’ancien ministre, qui souligne combien les moyens déployés dans les quartiers prioritaires « sont en dessous du minimum républicain » et combien les correctifs « se sont quasiment tous arrêtés ».

Mépris de l’Etat

Jean-Louis Borloo met ainsi en garde contre les « incompréhensions » et les « frustrations » qui « si nous n’y prenons pas garde entraîneront replis communautaire, identitaire, xénophobe ».

« La question de l’égalité et de la mixité est un combat politique et culturel qui doit être mené sans relâche » pour « ne pas laisser prospérer les idées d’inégalité des sexes et de séparation des genres dans l’espace public, comme un nouvel apartheid », affirme-t-il.

Le rapport était très attendu par les élus de banlieue qui ont récemment dénoncé le « mépris de l’Etat », reprochant à l’exécutif de ne pas mesurer la gravité de la situation et de se focaliser sur le monde rural.

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