Loi asile et immigration: Le producteur de «120 Battements par minute» refuse de dîner à l'Elysée

NON MERCI Ce dîner doit réunir à l’Elysée plus d’une centaine de personnalités du cinéma avant le Festival de Cannes, qui débute le 8 mai…

20 Minutes avec AFP

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Le producteur Hugues Charbonnier (à droite), accompagné de Marie-Ange Luciani et Robin Campillo, lors de la remise du César du meilleur film.
Le producteur Hugues Charbonnier (à droite), accompagné de Marie-Ange Luciani et Robin Campillo, lors de la remise du César du meilleur film. — Michel Euler/AP/SIPA

Il a répondu par la négative à l’invitation lancée par Emmanuel Macron. Le producteur du film «120 Battements par minute» va boycotter le dîner des personnalités du cinéma jeudi à l’Elysée, afin de dénoncer le projet de loi asile et immigration. Dans sa réponse au président de la République, il qualifie sa politique de « violente ».

« @EmmanuelMacron merci pour votre invitation à dîner à l’Elysée. Je ne viendrai pas », a tweeté mercredi Hugues Charbonneau, co-producteur avec Marie-Ange Luciani de 120 Battements par minute, César du meilleur film 2018.

« Comment se réjouir après l’abjecte loi votée dimanche par votre majorité ? Votre politique est violente, vous faites ce que le vieux monde sait faire de mieux : stigmatiser et exclure. Sans moi », a-t-il ajouté, joignant au tweet une photo du carton d’invitation.

Doublement de la durée maximale de rétention

C’est la raison pour laquelle Hugues Charbonneau a décidé de ne pas se rendre au dîner de l’Elysée. Celui-ci doit réunir plus d’une centaine de personnalités du cinéma avant le Festival de Cannes, qui débute le 8 mai. Parmi les invités : les acteurs Monica Bellucci, Virginie Ledoyen, Léa Seydoux, Mathieu Amalric ou encore Guillaume Canet.

Dimanche, à l’issue d’une semaine de débats passionnés, le projet de loi en faveur d’une immigration maîtrisée a été adopté à l'Assemblée nationale, un texte dénoncé comme « dangereux » et « déséquilibré » par plusieurs associations. L’une des mesures phares, visant à faciliter les expulsions, est le doublement de la durée maximale de rétention.

Le projet vise à réduire à six mois, contre onze aujourd’hui, les délais des procédures d’asile. Il a pour objectif de « renforcer » la lutte contre l’immigration irrégulière et « sécuriser le droit au séjour » des étrangers en situation régulière.

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