Chômage: Au premier trimestre, le nombre de demandeurs d'emploi a diminué de 1%

SOCIAL Ce recul masque une hausse du nombre de personnes au chômage exerçant une activité réduite...

M.B.

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Illustration d'un homme à l'accueil de Pôle emploi
Illustration d'un homme à l'accueil de Pôle emploi — CHAMUSSY/SIPA

Ils étaient très attendus. Après une baisse en 2016, puis une stabilisation en 2017, l’année 2018 semble a priori démarrer sous de bons auspices sur le front du chômage : les chiffres, pour le premier trimestre, font état d’une baisse de 1 % du nombre de demandeurs d’emploi sans activité. Désormais, 3.435.900 sont recensés dans la catégorie A, soit 33.300 personnes de moins qu’à la fin 2017, selon les données fournies ce mercredi par le ministère du Travail.

Précarisation du marché du travail

Mais cette bonne nouvelle est à tempérer. En effet, le nombre de personnes exerçant une activité réduite courte (catégorie B) augmente de 1,8 % par rapport au trimestre précédent et celui des personnes en activité réduite longue (catégorie C) croît de 1,4 %. Illustration, selon certains syndicats, d’une précarisation du marché du travail.

Résultat, au total, « le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C reste stable sur ce trimestre (+100) et progresse de 2,1 % sur un an », pour atteindre 5.621.000 personnes, explique le communiqué. En France (y compris départements-régions d’outre-mer, hors Mayotte), le nombre de demandeurs d’emploi s’élève à 5.930.400, un chiffre stable sur ce trimestre, mais qui progresse de 2,1 % sur un an.

La fin d’une vieille tradition

Les chiffres attendus ce mercredi marquent la fin d’une vieille tradition : la publication mensuelle de l’indicateur de Pôle emploi. Cette publication chaque fin de mois, qui était redoutée par les ministres du Travail successifs - Michel Sapin (2012-2014) la comparait à « la cadence du tambour des galères » -, était aussi décriée par de nombreux économistes et statisticiens, qui lui reprochaient sa grande volatilité sans lien avec les évolutions du marché du travail. Contrairement à ses prédécesseurs, Muriel Pénicaud refusait, depuis sa nomination, de les commenter, estimant qu’ils ne reflétaient « pas bien l’évolution du marché du travail ».

La Dares, service des statistiques du ministère, jugeait les évolutions mensuelles « pas significatives ».

Ces chiffres pouvaient être affectés par des aléas administratifs : demandeurs d’emploi désinscrits pour avoir oublié d’actualiser leur situation auprès de Pôle emploi, qui se réinscrivent le mois suivant, nombre de jours ouvrés pendant la période d’actualisation, ou encore bugs dans l’envoi de SMS de relance aux demandeurs d’emploi pour les inviter à s’actualiser… Le passage à des moyennes trimestrielles doit permettre de lisser les tendances.

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