Pédophile à Villefontaine: Plus de 60 victimes présumées identifiées, des plaintes en vue contre l'Etat

ENQUÊTE De nouvelles victimes, qui auraient été abusées par le professeur à Vénissieux au début des années 2000, ont été identifiées...

Elisa Frisullo

— 

En mai 2012 à Villefontaine, en Isère. Illustration.
En mai 2012 à Villefontaine, en Isère. Illustration. — C.Girardon/20 Minutes

L’enquête, ouverte en 2015 après la révélation des agissements pédophiles de l’enseignant de Villefontaine, touche à sa fin.

Plus de 60 victimes ont été identifiées par les gendarmes lors des ces trois ans d’investigation, dont certaines à Vénissieux et à Saint-Clair-de-la-Tour, où l’homme enseignait.

Certaines des victimes présumées envisagent d’attaquer l’état pour faute.

Plus de trois ans après la révélation des faits sordides et deux ans après le suicide de Romain Farina, la liste des petites victimes présumées de l’enseignant de Villefontaine s’est encore allongée.

Selon RTL, depuis le printemps 2012, au cours duquel cette affaire de pédophilie avait éclaté dans le Nord Isère, les gendarmes ont identifié entre 60 et 70 victimes présumées du professeur. Ce père de famille avait mis fin à ses jours en prison après un an de détention, en avril 2016 dans sa cellule de Lyon-Corbas.

Des victimes à Vénissieux, Saint-Clair-de-la-Tour et Villefontaine

En expertisant les 500.000 photos et 11.000 vidéos découvertes sur le matériel informatique de l’enseignant, les gendarmes, qui sont en passe de boucler leurs investigations, ont compris que le professeur avait sévi à d'autres moments de sa carrière. D'autres viols et agressions auraient été commis dès 2000-2003 à Vénissieux où il enseignait, puis à Saint-Clair-de-la-Tour et à Villefontaine.

Trois des victimes récemment identifiées auraient été abusées alors qu’elles étaient âgées de 5-6 ans, à Vénissieux, il y a environ quinze ans, et avaient totalement occulté les horreurs imposées lors des «ateliers du goût» organisés par leur professeur. Au-delà des viols et agressions sexuelles subis, ces anciens écoliers, âgés aujourd'hui d'une vingtaine d'années, ont découvert que l’enseignant s’étant suicidé, il n’y aurait pas de procès.

Des plaintes contre l'Etata pour «faute»?

Mais l’affaire de Villefontaine ne devrait pas en rester là. Plusieurs avocats de victimes envisagent en effet d’attaquer l’Etat pour faute. Lorsque les agissements de l’enseignant avaient été révélés en 2012, les familles de victimes avaient en effet découvert que le professeur avait été condamné en 2008 à six mois de prison avec sursis «pour détention d’images pédopornographiques».

Cette peine n’avait pas été assortie d’une interdiction d’exercer et l’Education nationale n’avait pas été informée par les services judiciaires de cette condamnation.