INFOGRAPHIE. Hautes-Alpes: Le nombre de migrants explose à la frontière franco-italienne

IMMIGRATION Les cols séparant la France de l'Italie sont devenus une nouvelle voie de passage, exposant le département des Hautes-Alpes à une augmentation inédite du flux migratoire...

Mathilde Ceilles

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Des migrants dans les Hautes-Alpes
Des migrants dans les Hautes-Alpes — JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
  • Le ministre de l'Intérieur a annoncé l'envoi de renforts dans les Hautes-Alpes pour le contrôle aux frontières.
  • Le département fait en effet face à une pression migratoire inédite.

Le week-end dernier, une centaine de militants du groupe Génération Identitaire​ est venue sur le col de l’Echelle pour matérialiser et « rétablir » la frontière entre la France et l’Italie, à l’aide d’une barrière en plastique. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a de son côté annoncé l’envoi dimanche soir de renforts de police et de gendarmerie « importants » pour « s’assurer du respect absolu du contrôle des frontières » dans les Hautes-Alpes.

Ces actions s’inscrivent dans un contexte d’explosion du flux migratoire dans le département. Le secteur est devenu depuis peu et de manière inédite une nouvelle route de passage pour les migrants, sorte d’alternative à la frontière franco-italienne dans les Alpes-Maritimes, dans le secteur de Vintimille.

Près 20 fois plus de mineurs isolés

Ainsi, selon les statistiques fournies par la préfecture des Hautes-Alpes, entre 2016 et 2017, le nombre de personnes en situation irrégulière interpellées dans le département par les forces de l’ordre a été multiplié par six. Les chiffres de ce début d’année 2018 en la matière ont d’ores et déjà dépassé les statistiques de l’ensemble de l’année 2016.

Le conseil départemental des Hautes-Alpes doit également faire face à une hausse importante de mineurs isolés se déclarant auprès de ses services. « Nous faisons face à un afflux massif, la situation est difficile », confiait en octobre dernier à 20 Minutes le président des Hautes-Alpes Jean-Marie Bernard. Selon les statistiques fournies par la préfecture des Hautes-Alpes, le nombre de mineurs isolés pris en charge par le département a ainsi été multiplié par 19 entre 2016 et 2017.

Dans une interview accordée en dernier à nos confrères du Figaro, Jean-Marie Bernard chiffrait les dépenses engagées par son département pour prendre en charge ces nombreux mineurs isolés à 2,5 millions d’euros, tandis que le budget habituellement alloué à ce type de dépenses avoisine dans les Hautes-Alpes 100.000 euros.

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