Marseille: Des étudiantes obligées de quitter leur foyer en un weekend, à l'approche des examens

FERMETURE La direction de l’association qui gère le foyer les a prévenus une semaine avant la fermeture pour liquidation judiciaire…

Adrien Max
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Illustration d'un logement étudiant.
Illustration d'un logement étudiant. — DELAGE JEAN-MICHEL/SIPA
  • Depuis le week-end dernier, une trentaine d’étudiantes ont été mises à la porte d’un foyer de Marseille.
  • La direction n’a donné aucune explication mais le tribunal a décidé de la fermeture définitive après une liquidation judiciaire.
  • Certaines familles ont payé le loyer jusqu’à la fin de l’année tandis qu’elles doivent s’organiser pour reloger leurs enfants en cette période d’examens et de concours.

Expulsé d’un foyer en à peine une semaine. Une situation que vient de vivre une trentaine d’étudiantes logées au sein de l' association Les Amies du foyer, rue Estelle, dans le 6e arrondissement de Marseille. Logée depuis trois ans dans ce foyer réservé uniquement aux étudiantes, Emeline a appris la nouvelle par le personnel.

Une personne nous a appris le jeudi 12 avril que nous devions avoir déménagé notre chambre avant vendredi dernier, soit à peine une semaine », explique l’étudiante en psychomotricité, étonnée de ne pas avoir été prévenue par la direction.

Un sentiment que partage Karine Fontana, maman d’une étudiante du foyer. « Nous n’avons pas été informés et nous avons reçu un document officiel que le mardi 17, soit trois jours avant de devoir quitter les lieux », témoigne-t-elle, désabusée. Une nouvelle confirmée par le tribunal vendredi dernier, qui a prononcé la fermeture définitive de l’établissement placé sous liquidation judiciaire.

Période de concours

La situation est d’autant plus problématique que beaucoup des parents ne vivent pas à Marseille, difficile donc de s’organiser en si peu de temps.

Je suis en alternance et je n’étais pas à Marseille ce week-end. Heureusement la mère d’une amie a pu récupérer mes meubles pour les stocker chez elle en attendant que je m’organise. Je vais dormir chez des amies en attendant la fin de l’année », ajoute Emeline.

Sans parler de cette stressante période des concours. « Beaucoup de filles sont en prépa au lycée Thiers, la semaine dernière c’était examen blanc pour certaines, et cette semaine c’est concours pour d’autres. Imaginez le stress », contextualise Emeline.

Toujours est-il que les familles n’ont pas de nouvelle de la direction, qui n’était pas présente lors des déménagements vendredi dernier. « Il y avait uniquement le personnel qui nous a accueillis. Une des personnes a appelé le directeur, Luc Plaindoux, mais il a dit qu’il ne viendrait pas parce qu’il ne travaillait pas. Il en a quand même profité pour s’en prendre aux personnels qui ont laissé rentrer les journalistes », s’étonne Karine Fontana.

Une situation qui pose question

Problème, la plupart des familles auraient payé la totalité des loyers dès le début de l’année.

Ma fille paye elle-même son loyer pour être indépendante et elle se retrouve à avoir payé mai et juin alors qu’elle ne peut plus y vivre, c’est scandaleux. Nous avons reçu un mail du secrétariat nous expliquant que c’était même pas la peine d’espérer récupérer les cautions tellement le gouffre est abyssal », se désole Isabelle, la maman d’Emeline.

Certains parents sont d’autant plus étonnés par plusieurs événements, qui après coup, ont attiré leur attention. « Jean-Louis Plaindoux, l’ancien directeur a laissé sa place en octobre à Luc, son fils tandis que Pierre, le frère est président de l’association. Le plus étonnant, c’est qu’ils ont vendu les "murs" du foyer en 2012 pour une somme avoisinant le million d’euros et aujourd’hui ils ferment du jour au lendemain, sans explication », s’étonne Isabelle.

Contacté par 20 Minutes, Pierre Plaindoux, le directeur de l’association affirme « ne vouloir faire aucun commentaire pour le moment, mais [je] compte communiquer le moment venu ».