Avant son départ, Jean-Claude Mailly met en garde contre une «colère sourde» dans le pays

CONGRES A Lille, 3.500 congressistes étaient réunis pour assister à l'un des derniers discours de Jean-Claude Mailly en tant que premier secrétaire de Force ouvrière...

20 Minutes avec AFP
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Jean-Claude Mailly dans la cour de l'Elysée, le 17 octobre 2017.
Jean-Claude Mailly dans la cour de l'Elysée, le 17 octobre 2017. — CHAMUSSY/SIPA

C’est l’une de ses dernières interventions en tant que secrétaire général de Force ouvrière. Jean-Claude Mailly a mis en garde ce lundi contre « une colère sourde » qui s’installe dans le pays, lors d’un congrès à Lille.

Il s’agit de l’une de ses dernières interventions, avant de passer la main vendredi à Pascal Pavageau, seul candidat à sa succession. « Les sujets de mécontentement sont nombreux », a-t-il déclaré, énumérant les manifestations de retraités, personnels des EHPAD, cheminots, étudiants, salariés de Carrefour ou d’Air France.

« Le climat est en train de changer. Une colère sourde s’installe progressivement au fil des mois (…) Le gouvernement tend à faire la sourde oreille », a-t-il regretté, devant les quelque 3.500 congressistes présents au Grand Palais. « L’herbe est en train de sécher, et quand elle sèche, la moindre étincelle peut y mettre le feu ».

« Il n’y a qu’un seul axe possible, FO »

Jean-Claude Mailly a également justifié sa position sur les ordonnances travail d’Emmanuel Macron. « Notre comportement a été le plus efficace possible dans un contexte donné, la meilleure tactique à adopter », a-t-il assuré pendant sa prise de parole de plus d’une heure, suscitant quelques sifflets et huées. « Nous avons fait bouger les lignes (…) et nous n’avons pas été entendus sur d’autres points. »

« Tout le travail a été fait avec l’unanimité du bureau confédéral », a-t-il rappelé. « Nous sommes un syndicat revendicatif mais aussi réalisateur », a rappelé celui qui a passé 14 ans à la tête de Force ouvrière. « C’est mal me connaître de penser que quelqu’un pourrait m’envoûter. Je ne suis ni chiraquien, ni sarkozyste, ni hollandais, ni macroniste », a-t-il déclaré.

« Convergences de luttes, je n’aime pas cette expression, très connotée politiquement (…) Il n’y a qu’un seul axe possible, FO, FO, FO » , a-t-il lancé, sous les applaudissements, insistant sur « l’exigence d’indépendance syndicale de FO ».

Citant Jean Jaurès en conclusion, Jean-Claude Mailly n’a pas cité le nom de Pascal Pavageau, qui doit être élu vendredi, journée de clôture, par le Parlement du syndicat.

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