Ramadan: La venue en France de 300 imams étrangers suscite l'incompréhension

RELIGION Pour faire face aux attentes des fidèles, des psalmodieurs ou récitateurs en provenance d’Algérie et du Maroc seront accueillis en France le temps du jeûne…

20 Minutes avec AFP

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La Grande mosquée de Paris.
La Grande mosquée de Paris. — ALLILI MOURAD/SIPA

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il suscite cette année des incompréhensions, voire des critiques. Les mosquées françaises s’apprêtent à recevoir pour le ramadan quelque 300 imams étrangers, des psalmodieurs et récitateurs, à l’heure où la structuration d’un « islam de France » est très attendue.

Si le nombre d’imams en France officiant dans les 2.500 lieux de culte musulmans n’est pas précisément connu, il est insuffisant au moment du ramadan, mois béni de jeûne marqué par des veillées de prière jusque tard dans la nuit.

« Entre 250 et 300 » imams attendus en France, « tous sous visa d’un mois »

A cette période, les communautés musulmanes ont des besoins spécifiques : elles recherchent des religieux capables de réciter l’intégralité du Coran - appris par cœur - sur un mode psalmodique, une pratique connue sous le nom arabe de « tajwid ». Pour faire face aux attentes des fidèles, des psalmodieurs ou récitateurs sont accueillis le temps du ramadan, en provenance notamment d’ Algérie et du Maroc, les deux principaux pays d’origine des cinq à six millions de musulmans de France.

« A ce jour », alors que le ramadan commence autour du 15 mai, « entre 250 et 300 » d’entre eux sont attendus en France, « tous sous visa d’un mois », a précisé une source proche du dossier. Ces psalmodieurs-récitateurs s’ajoutent aux 300 « imams détachés » en permanence par la Turquie (150 environ), l’Algérie (120) et le Maroc (une trentaine).

« Ça ne correspond pas à l’idée qu’on doit se faire d’un islam des Lumières », estime Manuel Valls

Alors que le séjour de ces « imams du ramadan » n’avait pas fait débat les années précédentes, des voix se sont élevées ces derniers jours dans la classe politique, à droite et jusque dans la gauche laïque. Le sujet a pris un tour polémique alors qu’Emmanuel Macron​ entend enraciner un « islam de France » moins lié aux influences des Etats musulmans, afin de mieux lutter contre les discours rigoristes voire radicaux dans un pays où le terrorisme islamiste a fait 245 mots depuis 2015.

« Organiser la venue d’imams étrangers en France est une hérésie », a dénoncé l’ancienne secrétaire d’Etat Jeannette Bougrab. Il faut « le plus vite possible (…) mettre un terme » aux accords bilatéraux permettant la venue de ces religieux, a abondé l’ex-Premier ministre Manuel Valls, relevant que « ça ne correspond pas à l’idée qu’on doit se faire d’un islam des Lumières ».