VIDEO. Notre-Dame-des-Landes: Les zadistes font un «geste d'apaisement» en déposant des projets nominatifs

EXPULSIONS Des projets agricoles nominatifs ont été déposés, comme le demandait le gouvernement...

Frédéric Brenon

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La délégation de la ZAD s'exprime à la sortie de la préfecture à Nantes le 20 avril 2018.
La délégation de la ZAD s'exprime à la sortie de la préfecture à Nantes le 20 avril 2018. — F.Brenon/20Minutes
  • Une quarantaine de projets agricoles et artisanaux comportant des noms ont été déposés en préfecture.
  • Ces projets représenteraient la «quasi totalité» des lieux de vie de la ZAD.
  • L'Etat va désormais examiner leur pertinence. Certains projets pourraient ne pas être retenus.

Onze jours après le coup d'envoi des opérations d'expulsions partielles de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les occupants adressent un « geste d’apaisement » à l’intention du gouvernement. Une quarantaine de fiches nominatives comportant des projets agricoles et artisanaux ont en effet été déposées à la préfecture de Loire-Atlantique ce vendredi après-midi.

« Nous décidons de répondre aux injonctions du gouvernement. Nous voulons stopper l’escalade de la tension sur la zone et obtenir enfin le temps nécessaire au dialogue », justifie la délégation. L’Etat avait fixé au 23 avril la date butoir​ pour déposer des projets agricoles individuels et nominatifs

La préfète salue « un signe de bonne volonté »

Concrètement, 28 projets agricoles et douze projets artisanaux ou culturels (forge, boulangerie, brasserie, bibliothèque, station de radio…) ont été déposés à « titres individuels ou collectifs ». Ils concernent la « quasi-totalité des lieux de vie », affirme la délégation de la ZAD.

« Le gouvernement restait sur ses positions. Si on voulait sauver un minimum ce qui se vit ici, il fallait faire ce pas », estime l’un des délégués. Quid des autres zadistes ne s’étant pas encore déclarés ? « Il y a encore des gens qui se posent la question. Ils ont jusqu’à lundi minuit pour déposer un projet. »

La préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, a salué ce vendredi après-midi un « signe de bonne volonté » et une « étape essentielle dans le processus ». « Je me dis qu’ils auraient pu faire ça avant », ajouta-t-elle ensuite.

La sélection des projets, prochain désaccord ?

Cette démarche vers une régularisation ne garantit pas que le conflit entre l’Etat et les zadistes est terminé. D’abord parce que ces derniers exigent de « ne pas faire de tri entre les projets présentés ». « Nous considérons qu’ils font partie d’un ensemble cohérent auquel nous tenons », insiste la délégation de la ZAD. La préfète de Loire-Atlantique, elle, ne l’entend pas exactement ainsi.

« On va regarder ces débuts de projets, avec les services de l’Etat et la mutualité sociale agricole, pour déterminer leur validité. On regardera ce qui est acceptable ou pas », indique Nicole Klein, confiant tout de même qu’elle n’avait donné « aucun engagement » et que quelques projets « semblent poser problème ».

« Si les expulsions reprennent, nous réagirons »

Par ailleurs, il reste sur la ZAD quelques habitats précaires illégaux dont le maintien sera difficile à justifier par la tenue d’une activité agricole. Ceux-là risquent l’expulsion à un moment ou un autre. « Si, malgré nos gestes, les expulsions reprennent, nous réagirons », prévient déjà la délégation de la ZAD.

Autre signe d’apaisement, les deux routes traversant le cœur de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes sont, depuis jeudi, libérées de barricades. Les affrontements avec les gendarmes ont cessé.

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