Couacs présumés pendant les frappes en Syrie: Silence radio de l'armée française et du ministère de la Défense

SECRET DEFENSE La France, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont mené des frappes le 14 avril sur des sites de production et de stockage d’armes chimiques en Syrie…

H.S. avec AFP

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Dans la nuit du 13 au 14 avril, 12 missiles de croisière ont été tirés.
Dans la nuit du 13 au 14 avril, 12 missiles de croisière ont été tirés. — ECPAD / AFP
  • Selon plusieurs médias, les tirs de certains missiles ne se seraient pas passés comme prévu lors des frappes menées conjointement par la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne le 14 avril en Syrie..
  • L’État-major des armées a refusé de commenter ce vendredi ces informations, tout comme la ministre de la Défense, Florence Parly.

« Circulez, y a rien à voir ». La ministre des Armées Florence Parly a refusé ce vendredi de commenter les informations de presse faisant état d’aléas techniques expérimentés par les armées françaises lors des frappes occidentales en Syrie.

Ces « couacs » auraient empêché de tirer autant de missiles que prévu. « Je n’ai pas l’intention de commenter les performances de tel ou tel système d’armes, ces informations, qu’elles soient vraies ou fausses, sont classifiées, je ne les commenterai pas », a réagi la ministre sur France Bleu Provence.

La France, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont mené le week-end dernier des frappes sur des sites de production et de stockage d’armes chimiques en Syrie, en représailles à une attaque chimique le 7 avril à Douma, qui aurait fait au moins 40 morts selon des ONG locales.

« Confidentiel Défense »

D'après le blog Le Mamouth, suivi par d’autres médias, un Rafale n’a pas réussi à tirer l’un des dix missiles Scalp devant être lancés depuis les airs par les avions français.

En parallèle, d’après plusieurs médias, dont la Lettre A, Le Point et RTL, la Marine nationale avait prévu de tirer un nombre supérieur de missiles de croisière navals (MdCN) aux trois finalement lancés depuis une des trois frégates multimissions (FREMM) déployées en Méditerranée orientale pour cette opération. « Nos objectifs ont été atteints et nous n’avons rien à ajouter concernant la performance des systèmes d’armes », a fait valoir la ministre.

Contacté par 20 Minutes, l’état-major des armées a refusé de confirmer les informations diffusées : « Nous pouvons vous confirmer que pendant l’opération conduite par les armées françaises dans la nuit du 13 au 14 avril, 12 missiles de croisière ont été tirés : trois par une frégate multimissions déployée en Méditerranée orientale, et neuf par cinq Rafale ayant décollé du territoire français. Au regard de leurs objectifs, l’effet militaire de ces frappes a été atteint. Nous n’avons pas d’éléments supplémentaires à vous communiquer sur la planification opérationnelle ». Même réponse du côté de l’armée de l’Air. Quant à MBDA, le constructeur français à l’origine des missiles MdCN et Scalp-EG, il invoque le caractère « confidentiel Défense » en réponse à nos sollicitations.

Une première

C’est la première fois que la France employait ce type de missile, d’une portée de 1.000 kilomètres, rejoignant ainsi le club fermé des pays disposant, comme les États-Unis et la Russie, de missiles de croisière embarqués sur des bâtiments de surface. « Pour la première fois, sans moyens amphibies, sans forces spéciales, sans porte-avions, notre pays dispose avec ses frégates d’un missile qui peut toucher des installations en profondeur sur les territoires adverses », a déclaré à l’AFP le chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Prazuck, en soulignant qu'« à l’intérieur de l’Union européenne, la France est la seule à disposer de cette capacité ».

Joint par 20 Minutes, le directeur adjoint de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste des questions de défense, Jean-Pierre Maulny s’est montré prudent. « Si les informations sont amenées à être confirmées, c’est fâcheux. Mais il faudrait surtout connaître la cause de ce dysfonctionnement présumé. Si, comme avancent certains médias, c’est toute une salve qui n’a pas pu partir, il y a des chances pour que le problème ne vienne pas du missile en lui-même mais que ce soit lié au système de communication entre le bateau et le missile ».

Testées en 2015, ces armes sont appelées à équiper prochainement les sous-marins nucléaires d’attaque français Barracuda, dont le premier exemplaire doit entrer en service en 2020.

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