Albi: La buraliste refuse de lui donner son colis parce qu'elle est voilée, elle porte plainte

SOCIETE Une Albigeoise a déposé plainte pour discrimination contre une buraliste qui a refusé de lui délivrer un colis au motif qu’elle était voilée…

Hélène Ménal

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Illustration d'une enseigne de tabac.
Illustration d'une enseigne de tabac. — Frédéric Scheiber/20MINUTES
  • Une Albigeoise a déposé plainte pour « discrimination » contre une buraliste qui a refusé de lui délivrer un colis parce qu’elle était voilée.
  • La commerçante doit être jugée le 24 mai, pour le même motif, sur la base de deux autres plaintes antérieures.
  • Pour son avocat, la buraliste ne fait qu’appliquer la loi.

Une plainte pour « discrimination » a été déposée le vendredi 13 avril contre une buraliste albigeoise qui a refusé de délivrer un colis à une cliente qui portait un voile. La mère de famille, une convertie résidant à Albi depuis peu, était venue dans le commerce avec son petit garçon pour récupérer une commande. Elle ne portait ni niqab, ni burqa mais un « jilbab », un voile qui recouvre tout le corps et la chevelure mais pas le visage.

La plainte déposée par l'Albigeoise contre la buraliste.
La plainte déposée par l'Albigeoise contre la buraliste. - AR

Anaïs R, raconte sur Facebook la suite de son face-à-face tendu avec la commerçante qui insiste pour qu’elle se dévoile, afin de vérifier que la pièce d’identité présentée est la sienne.

Finalement, c’est un autre client qui réceptionnera le colis pour Anaïs et le lui remettra. « Je suis sortie en pleurant pourtant je suis pas quelqu’un qui est facilement touchée (…)», précise la jeune fille qui décide immédiatement d’aller déposer plainte et partage le lendemain sa mésaventure sur les réseaux sociaux.

Déjà deux plaintes contre la même commerçante

L’affaire en a depuis fait ressurgir deux autres. Deux plaintes ont été déposées pour les mêmes motifs fin 2016 et fin 2017. Simon Cohen, l’avocat toulousain de la buraliste, confirme qu’elle sera jugée le 24 mai dans ces deux premiers dossiers. « Mais, précise-t-il immédiatement, il s’agit de prétendues discriminations, faits qui n’existent que dans l’imagination des journalistes et à cause de la volonté de nuire des plaignantes (..) Je sais, et tous les Albigeois savent, que ce commerce est ouvert à tous sans discrimination ».

Sa cliente se dit très affectée par les récents événements et leur retentissement sur les réseaux sociaux. « La question juridique qui se pose est simple, explique Simon Cohen : Est-ce que la loi doit être ou non appliquée et est-ce qu’on peut être poursuivi si on applique la loi ? Or, la loi dit que dans un lieu public ou ouvert au public, les personnes doivent pouvoir être identifiées. C’est la loi et c’est tout simplement ce qu’exige cette buraliste qu’on ne peut pas soupçonner une seule seconde d’être raciste ».

Alors, zèle à appliquer la loi ou discrimination fondée sur la religion ? La buraliste se dit prête à s’expliquer devant le tribunal. Et pour la justice, toute la question sera de déterminer si les plaignantes étaient identifiables ou pas.

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