Notre-Dame-des-Landes: Françoise Verchère, figure de la lutte anti-aéroport, jette l'éponge

ZAD La présidente du collectif des élus anti-aéroport a publié un texte dans lequel elle pointe la responsabilité des zadistes...

Frédéric Brenon

— 

Françoise Verchère, coprésidente du collectif des élus anti-aéroport de NDDL.
Françoise Verchère, coprésidente du collectif des élus anti-aéroport de NDDL. — JF Monier/AFP

Elle a fait la grève de la faim, multiplié les prises de parole, participé à des tonnes de manifestations… Pendant près de dix ans, Françoise Verchère a été l’une des personnalités les plus actives de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mais le projet a été abandonné le 17 janvier et la confusion sur la ZAD lui donne aujourd’hui le sentiment d’un « immense gâchis ».

Déçue, « fatiguée », la coprésidente du collectif des élus anti-aéroport (CéDpa) annonce, dans un texte publié mercredi soir, que, pour elle, le « combat Notre-Dame-des-Landes s’arrête là ». Et pointe du doigt la « posture » des zadistes.

« La ZAD a deux faces, une lumineuse et une plus sombre »

« Il est toujours facile d’être manichéen : il y a les bons d’un côté, les méchants de l’autre. La violence réelle subie, y compris par les plus pacifistes, fait oublier la part de responsabilité que porte le mouvement anti-aéroport dans cette histoire. La préfète est une traître, le CéDpa aussi sans doute ? Et bien non ce n’est pas la vérité. Or le travestissement de la vérité, volontairement ou par aveuglement, m’est insupportable et est parfois irresponsable », écrit Françoise Verchère.

« La vérité, poursuit-elle, c’est que la préfète n’a jamais demandé que les projets soient ficelés. Elle voulait un lieu, un ou plusieurs noms. Était-ce vraiment excessif ? On ne peut pas s’appeler Camille jusqu’à la fin des temps… […] La vérité, c’est que la ZAD a deux faces, une lumineuse et une plus sombre. Les pro-aéroport n’ont montré que la face sombre. Je me suis exprimée, autant que j’ai pu, pour parler de sa face lumineuse, des expériences formidables qui y sont nées et méritent de continuer. Aujourd’hui, je lis des prises de position qui oublient la face sombre. […] La vérité c’est que certains zadistes eux-mêmes n’en peuvent plus des actions négatives de certains de leurs voisins. La vérité c’est qu’il ne fallait jamais le dire au nom "de l’unité du mouvement"…»

« Persona non grata » à Notre-Dame-des-Landes

L’ex-conseillère générale et maire de Bouguenais dit avoir un peu l’impression de revivre son passé d’élue lorsqu’elle avait à régler « des histoires d’installations de gens du voyage ». « J’ai été vouée aux gémonies des deux côtés : par les gens du voyage, à qui je demandais un minimum de respect des règles, et par les sédentaires qui me trouvaient laxiste. Comme si la juste mesure était insupportable alors qu’elle me semble un moyen de vivre ensemble. »

Françoise Verchère conclut en expliquant qu’elle n’ira plus à Notre-Dame-des-Landes puisqu’on venait de lui signifier qu’elle y était « persona non grata ». « J’ai vécu des années sans connaître Notre-Dame-des-Landes et son bocage à qui j’ai beaucoup sacrifié, je pense que je survivrai sans y aller. Et je rêverais simplement aux tritons et aux campagnols en me souvenant que j’ai fait ma part pour les sauver… »

>> A lire aussi : Nantes-Atlantique: Trois mois après l'abandon du transfert, aucune compensation n'est sur la table