Tariq Ramadan, atteint de sclérose en plaques, peut être soigné en prison

MALADIE Les médecins ont rendu une expertise médicale très attendue au sujet du théologien écroué en février...

20 Minutes avec AFP

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Tariq Ramadan est toujours en détention provisoire suite aux plaintes de plusieurs jeunes femmes à son encontre.
Tariq Ramadan est toujours en détention provisoire suite aux plaintes de plusieurs jeunes femmes à son encontre. — MEHDI FEDOUACH / AFP

Tariq Ramadan, écroué en février pour des accusations de viols qui se sont depuis multipliées, souffre d’une sclérose en plaques mais son traitement médical « n’est pas incompatible » avec sa détention provisoire, selon une expertise très attendue.

Le théologien suisse de 55 ans, qui avait invoqué sans succès son état de santé pour être libéré, « souffre d’une sclérose en plaques depuis 2006, diagnostic considéré comme certain », concluent les médecins dans leur rapport déposé mercredi chez les juges d’instruction, selon des sources concordantes.

 

« La prise en charge actuelle (…) n’est pas incompatible avec la détention. Toutefois les experts insistent sur le fait que Tariq Ramadan, s’il restait en détention, devra continuer à bénéficier de l’accès aux soins », notamment de son traitement médicamenteux et de ses quatre séances de kinésithérapie hebdomadaire, écrivent-ils encore.

« Pas de poussée de la maladie » récente selon des médecins

L’intellectuel musulman, qui conteste toute relation sexuelle avec ses deux premières accusatrices et fustige une « campagne de calomnie », est écroué à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) depuis sa mise en examen, le 2 février, pour viol et viol sur personne vulnérable.

Disant souffrir d’une sclérose en plaques et d’une neuropathie, il avait contesté son incarcération, mais une première expertise rapide n’avait pas confirmé ces diagnostics. Le 22 février, la cour d’appel de Paris avait alors validé son maintien sous écrou, au grand dam de ses soutiens qui, depuis, ne cessent de dénoncer une « injustice ».

Selon le rapport rendu mercredi, le diagnostic de la sclérose en plaques, posé au Qatar en novembre 2014 puis à Londres en 2016, a été confirmé à Paris « en mars 2018 à l’hôpital de la Salpêtrière par deux neurologues d’une compétence reconnue ». « Il n’y a pas eu de poussée de la maladie » récente, notent-ils, affirmant que « le stress peut majorer les symptômes ».

 

Ses adversaires y voient une comédie pour obtenir sa remise en liberté

En revanche, selon ces experts, aucun argument « ne permet de retenir le diagnostic de neuropathie périphérique des membres inférieurs » alléguée par Tariq Ramadan. Selon sa femme, il se rend au parloir de sa prison en fauteuil roulant.

Relevant « un état dépressif réactionnel à la détention », les médecins estiment que les maux de tête et la perturbation de la marche dont se plaint l’intellectuel sont « très probablement » des troubles physiques liés à « sa situation actuelle ».

Après s’être plaint de ces symptômes, il a été hospitalisé au moins deux fois depuis son incarcération. Mais ses adversaires y voient surtout une comédie pour obtenir sa remise en liberté.