Notre-Dame-des-Landes: Hulot ne lâche rien aux zadistes et les appelle à saisir «la main tendue» du gouvernement

ZAD Le ministre Nicolas Hulot et la préfète de Loire-Atlantique ont rencontré ce mercredi après-midi une délégation de représentants de la ZAD…

J.U et F.B.

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Le ministre Nicolas Hulot mercredi 18 avril à Nantes.
Le ministre Nicolas Hulot mercredi 18 avril à Nantes. — JF.Monier/AFP
  • Dix jours après le début des opérations de gendarmerie sur la ZAD, une rencontre a eu lieu en préfecture.
  • Le ministre Nicolas Hulot a appelé les opposants à déclarer des projets nominatifs d’ici au 23 avril.
  • Les « exigences posées » par le gouvernement restent les mêmes, se désolent les zadistes.

C’est sans doute lui qui a pesé dans le choix du gouvernement d’abandonner le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. C’est de nouveau lui qui est en première ligne dans les négociations difficiles entre les zadistes et l’Etat, trois mois plus tard. Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot était à Nantes, ce mercredi après-midi, pour une réunion avec une délégation de zadistes, à la préfecture. Pendant plus de deux heures, il a appelé les opposants à revenir dans un cadre légal, en saisissant « la main que le gouvernement leur a tendue ».

« J’ai rappelé dans un échange très respectueux que la genèse de ce combat, c’est un combat pour préserver les terres agricoles, les zones humides et la biodiversité. Ce combat a été atteint. Donc il faut s’interroger de savoir s’il ne faut pas cesser un combat que l’on pense avoir gagné », a indiqué Nicolas Hulot lors d’une conférence de presse.

« Le gouvernement a fixé des règles très précises avec un certain nombre d’obligations, dont un retour à la légalité et le respect du droit à la libre circulation et du droit à la propriété. »

Le délai du 23 avril est maintenu

Le ministre a donc confirmé la date du 23 avril jusqu’à laquelle les opposants peuvent encore déclarer un projet agricole individuel nominatif, via un formulaire simplifié. « Ce qu’on réclame n’est pas hors de portée. On ne demande pas un projet abouti. On veut simplement des projets qui ne soient pas anonymes. »

Nicolas Hulot en appelle « à la raison ». « Ne ratons pas la dernière étape, ne rentrons pas dans une posture de confrontation, ne confondons pas écologie et anarchie, sachons passer à une autre étape. Le gouvernement a fait preuve de courage, l’aéroport a été abandonné. Il est en droit d’attendre un geste, un retour à l’ordre. »

Quant à un éventuel départ des forces de l’ordre, le ministre répond que ce n’est pas possible, tout en admettant qu’il « serait salutaire que nos 2.500 gendarmes puissent retourner à des fonctions essentielles pour la sécurité des Français ». « On a besoin de sécuriser les routes qui n’ont pas été libérées, on a besoin de sécuriser ceux qui travaillent au déblaiement, on a besoin aussi d’assurer la sécurité d’agriculteurs qui auront besoin d’accéder à leurs terres », justifie-t-il.

Les opposants sortent déçus

« C’est clair que les lignes n’ont pas bougé du tout », a déclaré à la sortie de la préfecture Marcel Thébault, l’un des quatre agriculteurs historiques de Notre-Dame-des-Landes et un des membres de la délégation. Il estime que les « exigences posées » par le gouvernement restent les mêmes avec aucune proposition de « recul du délai ni quoi que ce soit ». « On avait l’idée de venir voir comment les choses bougeaient pour avoir du grain à moudre et chercher la sérénité », a-t-il observé avec regret.

Trois mois après l’abandon du projet d’aéroport, cette réunion cruciale, proposée par la préfète Nicole Klein et rapidement acceptée par les occupants de la ZAD, visait à permettre de trouver une issue au conflit. C’est le dixième jour d’opérations de gendarmerie sur le site de 1.650 hectares, marquées par des heurts entre opposants et forces de l’ordre depuis le début de l’évacuation.