VIDEO. Jeter ou tout conserver?: «J’ai un Minitel, des calendriers de 76 à 81 et des affiches de Robert Hue»

VOUS TEMOIGNEZ A l'occasion de la publication du livre « Ça peut toujours servir. Pourquoi avons-nous du mal à jeter »*, « 20 Minutes » donne la parole à ses lecteurs sur le sujet…

Delphine Bancaud

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Un stand dans un vide grenier.
Un stand dans un vide grenier. — pIxabay/Jackmac
  • Certains internautes éprouvent des difficultés à donner ou à jeter leurs affaires inutiles et entassent des souvenirs, des vêtements, des objets.
  • Une habitude qui tient parfois de l’atavisme familial, selon plusieurs de nos internautes.
  • Mais cette manie a tendance à agacer l’entourage et certains internautes font des efforts pour se débarrasser de tout ce qui est devenu inutile ou superflu.

La période des vide-greniers va démarrer. L’occasion pour beaucoup d’entre nous de faire le tri dans leurs affaires pour distinguer ce qui est utile de ce qui ne l’est pas. Oui mais voilà, nous n’avons pas tous les mêmes réflexes face à nos armoires : si certains apprécient de se débarrasser du superflu, d’autres éprouvent des difficultés à donner ou à jeter leurs affaires inutiles. Ce dont témoigne l’un de nos lecteurs qui a répondu à notre appel à témoins : « Je garde beaucoup de choses "au cas où". Bilan à la maison, j’ai un Minitel, des calendriers de la Poste de 76 à 81 et des affiches de Robert Hue », raconte-t-il.

Une habitude qui tient de l’atavisme, selon une de nos internautes : « Cette manie de tout garder que m’a transmise ma maman inconsciemment et que ma fille continue elle aussi ! À croire qu’il nous est difficile, voire impossible de nous séparer de certaines choses, utiles ou non, mais qui nous rassurent. Nos madeleines de Proust, en somme. Dommage que la place de stockage vienne à manquer. Allez, je préfère en rire de bon cœur puisque je le vis très bien », s’amuse-t-elle.

« J’ai beaucoup de mal à jeter, ce qui agace légèrement mes enfants »

Cette accumulation d’objets, Danielle l’explique : « C’est garder une trace tangible de sa jeunesse. Les objets sont chargés d’une mémoire affective qui nous renvoie à des tranches de vie, d’où la difficulté à s'en séparer. Par ailleurs, accepter l’idée de donner ou de jeter c’est être consciemment ou non, apte d’accepter de passer d’une tranche d’âge à une autre et ainsi de suite jusqu’à l’échéance de la fin de vie », analyse-t-elle.

Pour Caroline, cette tendance à ne pas jeter se justifie par une volonté de faire des économies : « Je stocke les vêtements et les jouets de mes enfants en pensant que je les revendrai sur le Boncoin. Mais comme je n’ai pas le temps de faire des annonces ou que celles-ci ne marchent pas trop, mes armoires restent très pleines », indique-t-elle.

Mais cette manie a tendance à agacer l’entourage, comme témoigne Eno : « Comme dirait ma mère : "ça peut toujours servir". Résultat : des vieux plats ayant mon âge, un fer à repasser plus vieux qu’Hérode, des bouts de corde… et tout un foutoir qui ne sert à rien, mais qu’elle garde », déplore-t-il. « J’ai beaucoup de mal à jeter, ce qui agace légèrement mes enfants », confie aussi Sinoque.

« Ma grand-mère gardait tout, ma mère garde tout. Elle récupère même des trucs que les autres ont jeté et elle essaie de vous les fourguer de force même si vous dites cinq fois que vous n’en voulez pas, en faisant limite la tête parce que vous avez refusé quelque chose de bien », s’énerve Myriam.

« Je n’entasse pas, je suffoque dans les intérieurs surchargés »

Certains font de gros efforts pour éviter de reproduire cette tendance, à l’instar de Magali : « Ma mère avait le gène du "ça peut toujours servir". Je me bats depuis toujours pour ne pas me laisser aller à ce travers, la découverte de la méthode Konmari et mes déménagements successifs sont pour beaucoup dans mes progrès. J’ai appris lentement à me défaire du matériel sans regrets », indique-t-elle.

Même constat pour une autre lectrice : « J’ai récemment débarrassé l’appartement de mon père à la suite de son décès. Devant l’ampleur de la tâche et le problème des souvenirs, je me suis dit qu’en ce qui me concerne, je vais faire du vide pour éviter d’imposer cet exercice difficile à mes enfants dans le futur ».

Idem pour Myriam : « Si ça ne sert pas, je jette. Je n’entasse pas, je suffoque dans les intérieurs surchargés, qui de plus, je trouve sont inesthétiques et du coup ne font pas très propres en général. Pour moi c’est une maxime : le luxe c’est l’espace. Pas besoin d’une déchetterie à ciel ouvert sur son balcon ou son jardin pour avoir ce dont on a besoin ». Et chez certains, cela vire même au minimalisme : « J’achète le strict minimum. Deux pantalons, une paire de chaussure, deux tee-shirts, deux sweats. C’est tout. Je n’ai que le strict minimum ». On confirme !

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*Ça peut toujours servir. Pourquoi avons-nous du mal à jeter, Guillemette Faure, Stock, 17,50 euros.