Nice: Les policiers dans les écoles, c'est une «excellente idée» pour les uns, «délirant» pour d’autres

TEMOIGNAGES Des policiers municipaux non armés sont présents dans trois établissements de Nice depuis lundi. Les lecteurs de «20 Minutes» donnent leur avis sur cette expérimentation...

Fabien Binacchi

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Illustration de la police municipale de Nice
Illustration de la police municipale de Nice — E. Dessons / SIPA
  • Des policiers municipaux non armés ont été déployés dans trois écoles de la ville de Nice, lundi, pour une expérimentation.
  • Les avis des lecteurs de 20 Minutes sont divisés sur cette initiative.

Des policiers municipaux non armés pour « sécuriser » des établissements scolaires : c’est l’expérimentation, inédite en France, lancée à Nice lundi dans trois écoles.

20 Minutes est allée directement sur place interroger les parents d’élèves, après une première journée de test, mais vous a également demandé ce que vous pensez de cette initiative.

Et notre appel à témoignages a fait émerger des avis bien tranchés. Si Glonck voit dans ce dispositif, « un constat d’échec de notre société », un autre lecteur le valide et aimerait qu’il soit étendu aux « collèges et lycées », partout où « il peut y avoir des attentats ».

« La police à l’école, c’est de la prévention »

Véronique, qui se présente comme une « directrice d’école », parle aussi « d’une excellente idée ». « Je dois m’occuper de la sécurité de mon établissement, gérer ma classe et effectuer un grand nombre de tâches administratives. L’aide d’un policier municipal me serait précieuse », dit-elle.

Laurent, « éducateur en prévention spécialisée dans le Nord-Est de la France », trouve également que « cette initiative est frappée du sceau du bon sens ». Il évoque « l’exemple du Canada, où dès le collège, la police et l’éducation spécialisée présents au sein de l’établissement permettent de sécuriser élèves et enseignants ». Pour lui, « la police à l’école ce n’est pas de la répression, c’est de la prévention ».

« Des mesures populistes »

« Pourquoi cultiver cette politique de la peur ? », interroge au contraire Claudie. « Ce qui est arrivé à Nice [l’attentat du 14 juillet 2016] est atroce, bien sûr, mais se servir de ce malheur pour instaurer des mesures populistes est tout autant prometteur d’atrocité », avance-t-elle aussi.

« La police nationale ou municipale n’a rien à faire dans les établissements scolaires sauf sur appel de leurs responsables et uniquement en cas d’urgence », peste également Bruno. « L’école doit rester un territoire neutre et ne doit pas servir de soutien "politique" aux édiles locaux, dit-il. Le plus choquant : que des enseignants aient pu accepter. »

« Non armés, ils ne sont que des cibles prioritaires pour terroristes »

Voulu par le maire de Nice Christian Estrosi, le dispositif est soumis à l’acceptation des établissements scolaires, selon la mairie. Avant de pouvoir être expérimenté, il a aussi dû obtenir l’aval du ministre de l’Education nationale, qui a donné son feu vert si et seulement si les agents n’étaient pas armés.

Justement, selon Goliath, « quel intérêt ? ». « Ils ne portent pas d’arme, donc ne servent à rien en cas d’attaque », tranche ce lecteur. Pareil pour Philippe : « des policiers municipaux dans les écoles oui, mais non armés, ils ne sont que des cibles prioritaires pour terroristes. C’est juste délirant », estime-t-il.

La ville de Nice a prévu de mener son test dans trois écoles jusqu’à la fin de l’année scolaire. Si l’expérimentation s’avérait concluante, l’initiative serait étendue aux 160 autres écoles de la commune.

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