Nice: On est allé à la sortie d’une des écoles «sécurisées» par des policiers municipaux

AVEC LES PARENTS D'ELEVES Depuis ce lundi, la ville de Nice teste ce dispositif inédit en France et qui divise...

Mathilde Frénois et Fabien Binacchi

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Les parents d'élèves étaient divisés sur cette initiative
Les parents d'élèves étaient divisés sur cette initiative — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Des policiers municipaux sont postés dans trois écoles de Nice, depuis ce lundi et pour une expérimentation de trois mois.
  • L’initiative, validée par le ministère de l’Education nationale avec des agents non armés, divise les parents d’élèves.

Quand sa fille est rentrée à la maison, ce lundi midi, elle lui a posé toute une série de questions. Pas vraiment inquiète, plutôt intriguée, la petite niçoise s’interrogeait sur la présence d’une policière dans son école. « Ça ne me dérange pas, affirme sa maman Souad. Mais d’autres enfants ont eu un peu peur, il fallait leur expliquer. »

Depuis ce lundi, la ville de Nice mène une expérimentation inédite en France dans trois de ses établissements scolaires, dont elle a demandé à ne pas faire apparaître les noms. Jusqu’au mois de juin, trois policiers municipaux, « spécialement formés » selon la mairie, vont y assurer une mission de sécurisation.

« Si elle n’est pas armée, elle ne pourra rien faire »

Devant le portail de l’une des trois écoles concernées, ce lundi après-midi, l’initiative divisait les parents d’élèves. « Je suis contre. Un policier à l’intérieur d’une école, à part inquiéter les enfants, je ne vois pas l’intérêt », estime Hannane.

Si Sébastien est, lui aussi, sceptique c’est parce que la policière présente dans l’établissement de son enfant, dans la cour à l’heure de la sortie des classes, ne porte pas de pistolet. « Si elle n’est pas armée, elle ne pourra rien faire », regrette-t-il. Le ministre de l’Education nationale n’a en effet donné son accord que pour un test sans armes.

« Il devrait y avoir des policiers dans tous les établissements »

Certains parents approuvent dans tous les cas totalement le projet. « On voit tellement de choses horribles… Cette présence policière, c’est très bien, très rassurant, surtout quand on sait qu’on a de la famille à l’intérieur », explique Jean-Michel venu chercher son filleul dans cet établissement du centre-ville de Nice.

« La police partout, c’est logique, poursuit aussi Christian. Je suis antiterroriste. Et Il devrait y avoir des policiers dans tous les établissements. » C’est justement le projet du maire de Nice qui espère étendre le dispositif aux 160 autres écoles de la ville.

Si, et seulement si, l’expérimentation était concluante et aussi si les écoles sont volontaires. « Il pourra y en avoir qui diront 'on ne le souhaite pas' et nous ne le ferons pas. Ce n’est pas le menu imposé, c’est à la carte », a affirmé Christian Estrosi, vendredi.

Des syndicats d’enseignants (Snuipp-FSU, CGT Educ’action, Se-Unsa), une fédération de parents d’élèves (la FCPE), ainsi que par le SDPM, un syndicat de policiers municipaux, ont critiqué l’initiative.

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