Marseille: Exclusivité, collaboration, collection… Plongée dans le marché fou de la sneaker

SNEAKERS Le salon « Bonjour Sneakers », dédié à la basket, revenait pour sa troisième édition à Marseille…

Adrien Max

— 

Le stand d'Alex.
Le stand d'Alex. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Le salon Bonjour Sneakers revenait pour sa troisième édition ce dimanche à Marseille.
  • Collectionneurs, revendeurs et passionnés se retrouvaient pour cet événement autour de la basket.
  • Le prix des baskets varie en fonction de l’offre et de la demande, et aussi en fonction de partenariat entre marques.

Ici on regarde autant les stands, que les pieds des visiteurs. Bienvenue à « Bonjour Sneakers », un salon spécialement dédié aux baskets, qui avait lieu ce dimanche au parc Chanot de Marseille. Cette troisième édition réunissait des collectionneurs, des revendeurs, et surtout d’innombrables passionnés. L’occasion rêvée d’en savoir un peu plus sur ce marché en pleine expansion.

La Air Max One Chloro 2009.
La Air Max One Chloro 2009. - Adrien Max / 20 Minutes

« Ah tu cherches des collectionneurs, viens il faut que je te présente un pote il a les Air Max One Chloro 2009. » Les présentations sont faites avec Nicolas, seulement 16 ans et originaire de Nice. « Je suis tombé sur le modèle Yeezey Moonrock de chez Adidas qui m’a fait délirer, c’est devenu une passion, ensuite j’ai compris qu’il y avait de l’argent à se faire avec les pompes. » Une passion qu’il tente de « professionnaliser » depuis six mois et l’ouverture de sa page Instagram.

5.000 euros la paire

Nicolas achète et revend des modèles rares, dont il sait que le prix augmentera. « Pour les Air Max One Chloro, je sais qu’elles ne ressortiront jamais c’est un modèle unique de 2009 créé spécialement avec le magasin Patta à Amsterdam pour leurs cinq ans. Du coup aujourd’hui elles valent 800 euros la paire », explique Nicolas. Il ne vit pas de sa passion, mais elle lui permet de s’acheter des modèles que beaucoup de jeunes de son âge ne pourraient imaginer se payer.

Selon lui les modèles les plus recherchés des collectionneurs, sont la Air Mag, la chaussure qui se lace toute seule comme dans Retour Vers le Futur, ou le modèle Adidas Yeezy de Kanye West. « Mais Nike garde un temps d’avance, il ne réédite pas beaucoup de modèles, ils gèrent mieux leur communication et sortent des vrais paires », considère le jeune collectionneur.

La Nike Air Yeezy 2 de Kanye West.
La Nike Air Yeezy 2 de Kanye West. - Adrien Max / 20 Minutes

Sur le stand d’Alex, 32 ans, trône une paire de Nike Air Yeezy 2 imaginée par le rappeur Kanye West avant qu’il ne rejoigne le concurrent Adidas, en 2013. « Aujourd’hui elle coûte 5.000 euros alors que je les ai achetés autour de 250 euros », explique-t-il. Selon Alex, ce qui détermine le prix est avant tout l’offre et la demande, comme pour n’importe quel produit.

Collaborations et vieux modèles

« Mais il y a aussi les collaborations entre les marques. Par exemple Nike et la marque Off White, de Virgil Abloh qui vient de devenir le directeur artistique de Louis Vuitton. Seulement 2.000 exemplaires sont sortis, il fallait s’inscrire à un tirage au sort pour les avoir ». Résultats, le modèle est aujourd’hui revendu 800 euros contre un prix d’achat de 250 euros. Du coup Alex a mis au point un système informatique pour avoir plus de chance de remporter les tirages au sort. Mais lui non plus ne vit pas de sa passion.

La Nike air Vapormax Virgil Abloh
La Nike air Vapormax Virgil Abloh - Adrien Max / 20 Minutes

 

Le stand d'Aubin, spécialisé dans les vieux modèles.
Le stand d'Aubin, spécialisé dans les vieux modèles. - Adrien Max / 20 Minutes

Au contraire d’Aubin, 25 ans qui arrive à se dégager un salaire de 1.500 euros en moyenne, mais qui peut monter jusqu’à 3.000 les « bons mois ». Lui a choisi le créneau des vieux modèles. « J’ai une passion pour les modèles des années 80, 90. Je repère des vieux des magasins qui revendent des lots d’invendus aux USA, au Japon, en Italie, en Espagne. » Des modèles qu’il revend ensuite autour de 100-140 euros « pour rester dans des prix raisonnables ». Preuve de cette demande, les marques elles-mêmes ne cessent de réactualiser leurs anciens modèles.