Notre-Dame-des-Landes: Rassemblement de soutien sous tension sur la ZAD

EXPULSIONS Des centaines de personnes se retrouvent ce dimanche midi sur la ZAD pour soutenir les expulsés...

20 Minutes avec AFP

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Rassemblement de soutien aux zadistes expulsés de Notre-Dame-des-Landes, le 15 avril 2018.
Rassemblement de soutien aux zadistes expulsés de Notre-Dame-des-Landes, le 15 avril 2018. — C.Triballeau/AFP
  • Malgré les difficultés d'accès, des centaines de personnes se rassemblent ce dimanche midi sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
  • Des affrontements avec les gendarmes ont eu lieu juste avant le rassemblement.
  • De nombreuses personnes veulent reconstruite des cabanes dès ce dimanche.

Alors que des centaines de personnes convergent depuis midi vers la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, où un rassemblement de soutien aux expulsés est organisé, des heurts ont de nouveau éclaté dimanche entre 300 manifestants et les gendarmes..

La coordination des opposants avait donné rendez-vous à l’ouest de la D81, l’une des trois routes qui traversent la ZAD, le long du chemin de Suez. Mais à 11h, environ 300 personnes, « un groupe d’opposants violents » armés de pierres, bouteilles en verre, fusées et cocktail Molotov, selon la gendarmerie, s’en sont pris aux forces de l’ordre pour tenter de passer à l’est de la route afin d’aller reconstruire les squats détruits depuis lundi. Les gendarmes ont répliqué avec grenades lacrymogènes et de désencerclement, les maintenant à l’écart.

Fouilles systématiques pour accéder au site

Si la coordination des opposants appelait à un rassemblement pacifiste en soutien aux expulsés, des soutiens aux zadistes avaient, eux, lancé un appel à venir reconstruire les squats détruits. Sur place, des planches et de l’outillage sont d’ailleurs distribués.

D’importants barrages routiers de gendarmes étaient installés sur les principales voies d’accès de la ZAD dimanche matin et l’entrée n’était possible qu’après une fouille des sacs. Les zadistes ont appelé dans un communiqué, « au vu du blocus policier », à se rassembler plus à l’ouest de la zone, du côté de la ferme de Bellevue.

« Les cabanes on va les reconstruire »

Un homme de 64 ans, un habitué de la Zad qui utilise le prénom générique « Camille » des opposants, est venu pour « faire masse », « pour leur montrer qu’on est là et qu’on sera là demain ». « Les flics ne vont pas rester six mois, les cabanes on va les reconstruire », assure-t-il.

Michel, 63 ans, viticulteur retraité du Loir-et-Cher, a lui fait trois heures de route pour venir au rassemblement, séduit par « l’expérience faite ici sur le plan de l’agriculture et sociétal ».

Patrick, de Charente-Maritime, est venu avec sa femme. « Les gens qui sont là depuis 10 ans sur les terres, il faut leur donner une chance. Quand on commence à discuter, on va jusqu’au bout », a-t-il plaidé.

Jusqu'au 23 avril pour se régulariser

L’État a appelé les occupants de la Zad, expulsés ou non, à régulariser leur situation avant le 23 avril. « Il leur est simplement demandé à ce stade de déclarer leur nom, de déclarer le projet agricole qu’ils souhaitent développer et de préciser les parcelles sur lesquelles ils souhaitent le mettre en œuvre afin que l’État (…) puisse instruire ces demandes », a expliqué la préfète des Pays-de-la-Loire Nicole Klein.

L’opération d’expulsion des occupants illégaux de la ZAD a commencé lundi, avec 2.500 gendarmes et de nombreux engins de chantier. En trois jours, 29 squats ont été détruits. Depuis jeudi, les opérations de déblaiement et de maintien de l’ordre se poursuivent. Les gendarmes devraient rester trois semaines à un mois sur place pour déblayer les parcelles, garantir la libre circulation sur la D281 et la D81 et prévenir toute réoccupation illégale.

Samedi, une manifestation de soutien aux expulsés, qui a rassemblé 6.700 personnes selon la police, a dégénéré à Nantes avec des vitrines brisées et du mobilier urbain détruit.