Notre-Dame-des-Landes: Les expulsions sont finies mais les gendarmes restent sur la ZAD

EXPULSIONS Les forces de l'ordre vont sécuriser le déblaiement, les routes et empêcher des reconstructions de cabanes...

Frédéric Brenon

— 

Des gendarmes au cœur de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Des gendarmes au cœur de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. — F.Tanneau/AFP
  • Les expulsions sur la ZAD, qui ont débuté lundi, sont achevées.
  • La préfète propose aux occupants de déposer des projets de régularisation.
  • Les gendarmes resteront sur place pendant plusieurs semaines.

Comme on pouvait s’y attendre suite aux déclarations jeudi d'Emmanuel Macron, la préfète de Loire-Atlantique a annoncé ce vendredi que la phase des expulsions sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes était désormais « terminée ».

Vingt-neuf « squats » sur les 97 lieux de vie recensés sur la ZAD, soit un tiers, ont donc été expulsés. « On a expulsé 29 squats pour permettre le retour à l’Etat de droit, explique Nicole Klein. Pour certains c’est trop, pour d’autres pas assez. Il n’était de toute façon pas possible de tout évacuer puisqu’ils y a des gens qui ont le droit d’être là : il y a quatre agriculteurs historiques et 33 conventions d’occupation précaires. »

Quant aux quelques individus expulsés, « je ne sais pas où ils sont », admet la préfète, reconnaissant qu’ils étaient probablement restés sur la ZAD.

Empêcher toute réinstallation ou reconstruction

Les expulsions visaient principalement les « squats » situés à proximité de la RD 281, fermée à la circulation depuis 7 ans, et les occupants « considérés comme étant très loin de la légalité ». « Nous avons fait passer un message. Je pense que certains l’ont entendu », indique la préfète de Loire-Atlantique.

Les 2.500 gendarmes mobilisés resteront sur place le temps de sécuriser les opérations de déblaiement des cabanes démolies, « ça va prendre trois semaines à un mois ». Ils veilleront aussi à « garantir la libre circulation sur les axes routiers » traversant la ZAD et à « prévenir et empêcher toute réinstallation ou reconstruction illégale sur le site ».

Y aura-t-il une autre phase d’expulsion si les occupants refusent toujours de se régulariser ? « Ce n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant », répond la préfète.

45 gendarmes blessés côté gendarmes

Considérant que les opérations se sont déroulées « globalement comme prévu » depuis lundi, la préfète de Loire-Atlantique a aussi dénoncé la « violence » et le « harcèlement » des opposants aux expulsions. Un total de 45 gendarmes aurait été blessés depuis lundi. Très peu d’agresseurs ont été interpellés. « Ils avancent masqués. C’est très difficile de les identifier », déplore Nicole Klein.

Les représentants de la ZAD rapportent, eux, plus d’une centaine de blessés dans leurs rangs. Ce vendredi, ils érigent de nouvelles barricades destinées à ralentir les déplacements et interventions de la gendarmerie. Ils appellent également à participer à un rassemblement de soutien dimanche, 12h, au cœur de la ZAD.

>> A lire aussi : La préfète donne jusqu'au 23 avril aux occupants de la ZAD pour déclarer leurs projets