VIDEO. Lyon: Les étudiants réunis en AG votent le blocage illimité de l'université Lumière et l'annulation des examens

UNIVERSITE La mobilisation contre la réforme Vidal et Parcoursup grandit à l'université Lyon-2...

Elisa Frisullo

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Le 12 avril 2018, à Lyon. Des étudiants de Lyon-2 mobilisés contre la réforme des règles d'accès à la fac, se sont réunis ce jeudi midi en AG sur le campus des quais. Lancer le diaporama
Le 12 avril 2018, à Lyon. Des étudiants de Lyon-2 mobilisés contre la réforme des règles d'accès à la fac, se sont réunis ce jeudi midi en AG sur le campus des quais. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Après le campus de Bron, celui des Berges du Rhône a également été bloqué ce jeudi.
  • Les étudiants mobilisés ont voté à la majorité le blocage illimité des deux campus.
  • La présidence de Lyon-2 a donc décidé de laisser fermer les sites jusqu’à samedi inclus et d’annuler les cours et activités qui y étaient programmés.

À l’entrée de l’université Lyon-2, sur les quais du Rhône, des poubelles et des chaises entassées bloquent une partie des accès au campus. Devant l'une des entrées, laissée accessible, le slogan « Sélection, pour leur avenir, une prédiction : l’élimination », a été placardé par des étudiants mobilisés.

Dans cette université, comme dans une quarantaine d’autres en France, la mobilisation contre la réforme des règles d’accès à la fac (ORE) et contre Parcoursup s’est intensifiée ces dernières heures. Après le campus Porte des Alpes à Bron, mercredi, celui des berges du Rhône a également été bloqué dès l’aube ce jeudi, incitant la présidence de Lyon-2 à fermer les deux campus pour la journée puis jusqu’à la fin de la semaine, samedi inclus.

Validation de l’année pour tous ?

Réunis en assemblée générale, à l’heure de la pause déjeuner, une majorité des quelque 600 étudiants présents (sur les 30.000 inscrits à Lyon-2) ont voté le blocage illimité des deux campus et « l’annulation des examens », prévus au retour des vacances de printemps, avec « validation de l’année universitaire pour tous ».

Deux points qui n’ont pas manqué de créer quelques tensions entre les étudiants, et ont marqué l’essentiel des débats, au cours desquels le sujet de la réforme a finalement peu été abordé. « J’étais venue pour comprendre précisément ce que cette loi va changer pour les futurs étudiants et nous-mêmes. Au final, on se retrouve à s’écharper entre ceux qui veulent que les examens soient annulés et ceux qui défendent leur année universitaire », s’agace Éloïse, étudiante en Lettres.

À ses côtés, Alex renchérit : « Moi, je suis contre la sélection à l’entrée de l’université ou les tirages au sort, déjà en place dans certaines filières surchargées. Mais je ne vois pas en quoi bloquer la fac va nous permettre de nous faire entendre. 500 étudiants sur 30.000 ne peuvent pas empêcher ceux qui le veulent d’étudier ! ».

« Cela ne fera qu’amplifier l’exclusion des classes populaires »

« Le réveil est tardif. La réforme a déjà été adoptée. Ce qu’il se passe là, c’est bloquer pour bloquer, sans savoir réellement pourquoi. Il va y avoir un nombre incalculable d’étudiants qui vont se retrouver sans diplôme. Beaucoup d’inscrits en Licence vont candidater pour des Masters. Comment les autres universités vont percevoir le fait qu’il n’y ait pas eu d’examens et de notes ? », s’inquiète Mirina, étudiante en droit.

Face à ces élèves dubitatifs, beaucoup prônent « la convergence des luttes » pour faire reculer le gouvernement sur cette réforme comme sur les autres lois qui mobilisent également dans la France entière (SNCF…). « Elles sont animées par la même logique. A la fac, cela ne fera qu’amplifier l’exclusion des classes populaires. C’est impensable de trier à l’entrée de l’université, qui doit rester ouverte à tous », estime Baptiste.

« Certaines filières sont surchargées, c’est évident. Mais la solution n’est pas de trier mais bien de donner enfin davantage de moyens aux universités pour qu’elles soient en mesure d’accueillir dignement les étudiants », ajoute un jeune favorable au blocage. « C’est le seul moyen de faire pression sur le gouvernement », ajoute-t-il.

Dans les prochains jours, le campus des quais devrait rester animé, malgré le blocage. Plusieurs ateliers, conférences et débats sont déjà prévus jusqu’à samedi pour fédérer les étudiants contre les réformes et construire la protestation.