Chasse à courre: Le préfet de l'Oise durcit le ton face aux anti chasse

CHASSE Louis Le Franc a tenu un discours sans ambiguïté lors de l’assemblée des chasseurs de l’Oise…

Mikaël Libert
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Dans l'Oise, les animaux en zone urbaine seront abattus par les gendarmes (illustration).
Dans l'Oise, les animaux en zone urbaine seront abattus par les gendarmes (illustration). — ANGOT/SIPA

Le préfet qui murmurait à l’oreille des chasseurs. Samedi, à Clermont, se tenait l’Assemblée générale de la fédération des chasseurs de l’Oise. Louis le Franc, le préfet du département, a tenu un discours dans lequel il a sifflé « la fin de récréation » pour les actions des militants anti-chasse à courre.

« Messieurs les chasseurs, ne subissez pas, passez à l’action », a déclaré le haut fonctionnaire. Une phrase introductive, qui n’est pas sans rappeler le contexte extrêmement tendu qui règne dans le département entre pro et anti chasse. Une situation largement envenimée par l’épisode dramatique du cerf tué dans le jardin d’un particulier, en octobre dernier, à l’issue d’une chasse à courre à Lacroix-Saint-Ouen.

« Abattre immédiatement ces animaux »

Pour que de tels épisodes ne se reproduisent pas, le préfet a trouvé une solution : « si du gros gibier se retrouvait en zone urbanisée, j’ai donné comme instruction à la gendarmerie nationale d’abattre immédiatement ces animaux », explique Louis Le Franc.

Une consigne que les principaux intéressés ont déjà reçue : « Notre priorité est le maintien de l’ordre public et la sécurité des personnes. Néanmoins, l’abattage ne pourra se faire que si les conditions de sécurité le permettent », a assuré à 20 Minutes le lieutenant-colonel Mahé de la gendarmerie de l’Oise.

Disperser les « attroupements »

Le préfet a par ailleurs tenu à marquer le coup auprès des rassemblements de militants anti chasse : « La vénerie est légale. Par contre l’entrave au droit de chasse est un délit », a-t-il martelé. Louis le Franc a donc appelé les chasseurs à contacter les forces de l’ordre s’ils constataient un « attroupement ». « Les forces de l’ordre viendront accompagnées d’un membre du corps préfectoral et je disperserai cet attroupement », a encore déclaré le préfet.

Sur ce dernier point, les gendarmes ne souhaitent pas faire de commentaire, renvoyant vers la préfecture de l’Oise. La préfecture, de son côté, ne confirme pas les propos tenus par le préfet lors de l’Assemblée générale des chasseurs.

« Il est à côté de la plaque, mais ça ne m’étonne pas venant d’un préfet qui a créé une véritable milice de chasseurs armés pour épauler les gendarmes dans son département », a vivement réagi Reha Hutin, présidente de la fondation 30 Millions d’amis. Outre dénoncer les propos de Louis le Franc, Reha Hutin espère toujours la fin de la chasse à courre : « L’interdiction ne passera que par la loi. Il ne faut pas désespérer car l’opinion publique est très sensibilisée sur cette question ».