Réforme de l'accès à l'université: Plus de 400 professeurs dénoncent une «sélection hypocrite» dans une tribune

COLERE Dans une tribune publiée ce mardi, 425 professeurs fustigent une sélection qui pénalise les élèves qui ont des difficultés…

20 Minutes avec AFP

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La fac de Tolbiac, l'un des épicentres de la contestation étudiante.
La fac de Tolbiac, l'un des épicentres de la contestation étudiante. — CHRISTOPHE SIMON / AFP

Les professeurs joignent leur colère à celle de leurs étudiants. Alors que neuf établissements étaient bloqués en France ce lundi, plus de 400 enseignants-chercheurs dénoncent la « sélection hypocrite » de la réforme de l’accès à l’université dans une tribune publiée ce mardi sur le site de  franceinfo.

Ces 425 enseignants de fac s’opposent à la réforme en se plaçant d’emblée du côté des étudiants qui bloquent actuellement plusieurs universités en France : « Nous, enseignants-chercheurs, soutenons et accompagnons les étudiants dans leur contestation de la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) et de Parcoursup depuis le début de leur mouvement », écrivent-ils.

L’absence d’une annonce d’une « loi rectificative du budget »

Cette réforme met en place, selon eux, une « sélection hypocrite » : « D’un côté, les responsables gouvernementaux refusent catégoriquement d’utiliser ce mot. Mais, de l’autre, on nous demande de classer les candidatures de sorte qu’un couperet tombera une fois les capacités d’accueil des filières saturées ». Pour les signataires de la tribune, « le gouvernement préfère la sélection au financement des universités à la hauteur des besoins ».

Fustigeant une politique d’orientation qui « ne donne aucun moyen pour mettre en place les cours de mise à niveau, dont il annonce unilatéralement la mise en place », ils pointent du doigt l’absence d’une annonce d’une « loi rectificative du budget ».

« Elever le niveau de ceux qui ne l’ont pas »

« L’affirmation récente de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, qui évoque un milliard d’euros destiné à la refonte du premier cycle est une "fake news" », jugent-ils ainsi, déplorant « une inexorable dégradation de l’enseignement supérieur depuis une vingtaine d’années ».

Enfin, les enseignants soulignent leur rôle et affirment leur volonté d'« éduquer et de former » : « Il serait vain, nous dit-on, d’accueillir davantage d’étudiants à l’université dès lors qu’ils n’ont pas le niveau. Ce serait un gaspillage des deniers publics ! (…) Quel serait notre rôle s’il s’agissait seulement de dispenser des cours à ceux qui n’ont aucun problème et qui ont la chance d’avoir le niveau et d’être doués pour les études supérieures ? »

« Ce qui fait la noblesse de notre métier n’est-il pas d’élever le niveau de ceux qui ne l’ont pas, c’est-à-dire pas encore ? », insistent-ils, disant leur souhait de « donner leur chance à tous ceux qui ont le degré minimum, à savoir le baccalauréat ». La loi sur la réforme d’accès à l’université, votée le 15 février, vise à réduire le taux d’échec en première année, selon le gouvernement, par un système inédit de classement des dossiers.

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