Grève SNCF: Un TGV sur 5 lundi, un Transilien et un TER sur 3, un Intercités sur 6

GREVE Après une légère accalmie dimanche, les perturbations annoncées se rapprochent de celles enregistrées lors de la première séquence de grève...

20 Minutes avec AFP

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La gare Montparnasse en pleine grève (image d'illustration).
La gare Montparnasse en pleine grève (image d'illustration). — Jacques Witt/ Sipa/SIPA

La mobilisation des cheminots devrait à nouveau causer d’importantes perturbations lundi pour les voyageurs, moins fortes cependant que lors des deux premiers jours de grève, tandis que le Premier ministre se dit toujours déterminé à aller « au bout » de la réforme.

Trafic « très perturbé »

Lundi, 43 % des personnels indispensables pour faire rouler les trains - conducteurs, contrôleurs, aiguilleurs - devraient débrayer, soit plus que dimanche (35 %) mais moins que lors des deux premières journées (48 %). Selon la SNCF, si la mobilisation des conducteurs - 74 % de grévistes lundi - est intacte, celle des autres métiers faiblit. C’est un « phénomène assez classique », analyse-t-on.

Le trafic dans les gares devrait, par conséquent, rester « très perturbé », avec un TGV sur cinq, un Transilien et un TER sur trois et un Intercités sur six lundi. Mais les perturbations seront en baisse par rapport à la première phase de grève mardi et mercredi, où l’on ne comptait qu’un TGV sur 7 ou 8, un TER et un Transilien sur 5.

Ce dimanche, le trafic a été conforme aux prévisions, sans « incident particulier » selon la direction. Une grève qui coïncidait avec les départs en vacances de la zone A (Lyon, Bordeaux, Grenoble, Dijon…).

Certains voyageurs avaient anticipé leur départ, à l’image de Françoise, 60 ans, qui a pris un train pour Paris samedi après-midi en gare de Bordeaux, au lieu de dimanche. « Pour moi, c’est possible, parce que je vis seule », mais « c’est autrement plus compliqué pour des gens avec un travail moins souple ou des enfants », reconnait-elle, précisant tout de même qu’elle « soutient les cheminots, leurs journées et nuits décalées, leurs salaires pas mirobolants ».

Au coeur du conflit : la réforme de la SNCF portée par le gouvernement, qui prévoit la fin du recrutement au statut de cheminot, la transformation de l’entreprise publique en société anonyme à capitaux publics et l’ouverture du ferroviaire à la concurrence. Trois évolutions qui préfigurent une privatisation, craignent les grévistes, ce que dément le gouvernement.

« Bon espoir qu’on s’entende »

Si les grandes lignes de la réforme ne sont « pas négociables », Edouard Philippe est « ouvert aux discussions pour parler des modalités », a-t-il redit dans un entretien au Parisien de dimanche. Le Premier ministre, qui promet d’aller « jusqu’au bout » de sa réforme, a « bon espoir qu’à la fin, on s’entende ».

Pourtant, la concertation avec les syndicats - une « mascarade », estiment-ils - est au point mort.

La dernière séance, vendredi, a exacerbé les tensions, les syndicats appelant à la sortie à amplifier le mouvement de grève. « Il n’y a pas eu de négociation » véritable sur le projet du gouvernement, a déploré Laurent Brun (CGT Cheminots) après la rencontre. Florent Monteilhet (Unsa) en est sorti « très inquiet et agacé », tandis qu’Erik Meyer (SUD Rail) a jugé « inacceptable » la tournure de la réunion. Didier Aubert (CFDT) a estimé que le gouvernement avait « besoin d’une nouvelle démonstration » de force.

La CGT n’exclut pas de prolonger le mouvement « au-delà du mois de juin ». SUD Rail est partisan d’une grève reconductible chaque jour au lieu de la grève deux jours sur cinq décidée par l’intersyndicale. Dans le camp d’en face, le gouvernement dénonce « mensonges » et « contrevérités ».

« Discussion compliquée »

En première ligne, Elisabeth Borne, ministre des Transports, estime, dans une interview à Sud-Ouest, que le fait que la CGT refuse « le principe même » d’ouverture à la concurrence « rend la discussion compliquée ». Mais selon elle, la concertation a permis des avancées, notamment concernant les cheminots qui changeraient d’employeur en cas de perte d’un marché par la SNCF. Ils conserveraient « la garantie de l’emploi, la retraite, la rémunération… Ce n’est pas rien ! »

Face à une situation qui s’enlise, Emmanuel Macron sortira de son silence jeudi, lors d’un entretien d’une heure au journal de 13H de TF1. Il s’exprimera notamment sur les nombreux conflits sociaux qui agitent le pays, à commencer par celui des cheminots.

L’examen du projet de loi sur le pacte ferroviaire débute lundi en première lecture à l’Assemblée.