Notre-Dame-des-Landes: Les Zadistes envoient une proposition de régularisation collective

EXPULSIONS Menacés d'expulsion, les occupants de la ZAD ont écrit à la préfecture jeudi...

Frédéric Brenon

— 

Au coeur de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Au coeur de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. — L.Venance/AFP

Près de trois mois après l'abandon du projet d'aéroport, les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes risquent désormais l’expulsion à tout moment. L’Etat leur avait en effet donné jusqu'au 1er avril pour régulariser leur situation et s’inscrire dans un projet agricole ou para-agricole individuel.

Mais la grande majorité des zadistes n’ont pas donné suite, préférant l’idée d’une gestion collective des terres ouverte également à quelques activités non-agricoles. « Ce choix partagé ne part pas en soit du refus d’une formalisation légale de l’occupation, mais de la volonté de donner un cadre collectif à cette formalisation », assurent-ils dans un communiqué.

Une convention provisoire collective envoyée à la préfecture

Pour tenter de convaincre l’Etat, et démontrer une volonté d’avancer avant qu’il ne soit trop tard, les occupants ont donc envoyé jeudi à la préfecture de Loire-Atlantique une « proposition concrète de convention provisoire collective ».

« Cette convention collective en trois volets couvre les terres agricoles, les espaces boisés, ainsi que les habitats et bâtis à ce jour pris en charge et entretenus par le mouvement. Cette convention provisoire pourrait être signée dès demain par l’association "Pour un avenir commun dans le bocage". Cette association loi 1901 créée le 27 février regroupe différentes composantes du mouvement et usagers du territoire », justifie le texte.

« La résistance sera physique et déterminée »

L’Etat, qui réclame des déclarations individuelles pour des projets en lien avec l’agriculture uniquement, serait-il prêt à revoir sa position ? Les occupants l’espèrent. « Nous pensons qu’il est encore temps pour le gouvernement de renoncer à cette logique répressive et absolument contradictoire avec la volonté affichée d’une "évolution sereine et apaisée de la situation". ll est encore possible aujourd’hui d’ouvrir un vrai dialogue plutôt que de se lancer dans une nouvelle évacuation policière. »

En parallèle, les zadistes ont réitéré leurs appels à venir s’opposer aux expulsions sur le site, à reconstruire tout squat détruit, mais aussi à se rassembler devant les préfectures, notamment à Nantes et Rennes le moment venu.

« Comme en 2012, on ne se laissera pas faire : la résistance sera physique et déterminée », avertit le mouvement d’occupation, invoquant une « force hybride » faite de « barricades, blocages humains ou avec tracteurs, sabotages, projectiles, cabanes perchées » ou « harcèlements divers ».