Grève à la SNCF: Les syndicats dénoncent une «mascarade» de concertation

MOBILISATION Le gouvernement « n’a pas de propositions » et ne « règle pas les problèmes » ont dénoncé les syndicats à l’issue de la réunion de concertation…

20 Minutes avec AFP
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Les syndicats de la SNCF avaient rendez-vous avec l'exécutif pour une première réunion de concertation
Les syndicats de la SNCF avaient rendez-vous avec l'exécutif pour une première réunion de concertation — M.ASTAR/SIPA

La première réunion de concertation avec le gouvernement depuis le lancement de la grève de deux jours sur cinq contre la réforme du rail s’est achevée sur un échec. A l’issue de cette entrevue, les syndicats de la SNCF ont dénoncé jeudi soir « une mascarade » et promis de nouveau une grève longue.

« C’est une véritable mascarade » avec « un gouvernement qui brode », qui « n’a pas de propositions et qui ne règle pas les problèmes », donc « la grève se poursuit », a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, « extrêmement déçu et mécontent » car « les revendications des cheminots n’ont pas été entendues ».

« Renforcer, amplifier, durcir » la grève pour « faire plier » le gouvernement

« Le gouvernement avance à marche forcée pour tenter de nous asphyxier. On est dans une situation où le mouvement social risque bien de se durcir », a estimé Roger Dillenseger de l’Unsa. « Nous sommes partis sur un conflit qui risque de durer si le gouvernement ne revoit pas sa méthode », a prévenu Didier Aubert de la CFDT.

Pour SUD Rail, « il va falloir renforcer, amplifier, durcir » la grève pour « faire plier » le gouvernement et « arriver au bout des revendications », a indiqué Eric Santinelli.

Statu quo sur la dette

Lors des deux premiers jours de la grève par épisode, mardi et mercredi, le trafic ferroviaire a été très perturbé, avant de reprendre jeudi. La deuxième séquence va débuter samedi à 20h00 pour s’achever mardi à 07h55.

Abordée jeudi à l’Assemblée nationale, la question de la dette de la SNCF, qui atteint 55 milliards d’euros et coûte un milliard par an à l’entreprise, a été examinée lors de cette réunion au ministère des Transports, ainsi que, notamment, celle du transfert des cheminots en cas de perte d’un marché par la SNCF après l’ouverture à la concurrence.

Concernant la dette, « le gouvernement ne fait aucune annonce, aucune proposition. Le statu quo conduira à l’accroissement de la dette de 10 milliards d’ici la fin du quinquennat », a dénoncé Laurent Brun.

Quant aux transferts, « une partie des agents seront transférés d’office, l’autre partie sera appelée à être volontaire et s’il n’y a pas assez de volontaires, ils seront également transférés d’office », a-t-il ajouté.

« Un premier tour de table » pour le ministère

Le ministère des Transports a indiqué de son côté que cette réunion avait « été l’occasion d’un premier tour de table sur la question de la dette et du financement du système ferroviaire, afin notamment d’en partager le diagnostic et les perspectives ».

« L’Etat prendra sa part de responsabilités avant la fin du quinquennat sur cette dette dès lors que la SNCF aura contribué à la viabilité économique du système ferroviaire », a-t-on ajouté.

Le gouvernement propose que les trois entités actuelles du groupe soient unifiées « en une seule société nationale à capitaux publics, détenue à 100 % par l’Etat » et dont « les titres ne pourront pas être cédés », a-t-on rappelé au ministère.